INTRODUCTION XXI
concevons Tunité, il faut que i unité soit; et c'est le principe réel d'unité, quel qu'il soit, non la pensée que nous en avons, qui est pour Platon Vidée. Rejeter la réalité de l'Idée d'Unité suprême, équivaut pour lui à soutenir que, pensant l'Unité, nous ne pensons rien, ou que nous ne pensons pas du tout.
L'originalité de Platon est d'avoir fait ainsi la théorie de la relation et de l'avoir faite dans un sens réaliste. Pour lui, la relation est aussi nécessaire à la réalité et aussi réelle que les termes eux-mêmes; la relation est immanente à l'absolu même de l'être; le lien du multiple et de l'un existe sub specie œtemi, « Toutes les choses auxquelles nous attribuons une existence étemelle sont faites d'^^n et de plusieurs. » C'est cette relation mutuelle des choses, c'est cette unité dans la pluralité qui les rend pensables, capables d'être reliées en pensée, Xiycp, comme elles le sont en réalité, epytf). L'univers est une synthèse de relations sans laquelle il n'y aurait point d'existence intelligible, mais un pur chaos; l'univers est un système, un déterminisme réciproque des choses, fondé sur quelque raison éternelle, et c'est pour cela qu'il est intelligible.
Le vrai lien des notions philosophiques, pour Platon, et l'origine du principe d'intelligibilité universelle se trouve dans l'aspiration de tout notre être à ï Unité conçue comme réalité enveloppant tout le positif des êtres, c'est-à-dire comme ie Bien. D'abord, la pensée n'est satisfaite que dans l'unité; penser c'est unir, c'est retrouver l'un dans le multiple.
Or, si la pensée s'arrêtait à la notion d'une réalité