‹ La philosophie de Platon (volume 3)Chapitre 15 sur 60 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

sans rapport avec la pensée, elle s'arrêterait par cela même à une dualité : donc elle renoncerait à tout unir, à s'unir elle-même finalement au réel; elle renoncerait à penser, elle renoncerait à elle-même. L'unité est le bien auquel la pensée aspire : elle est le terme de la dialectique. Mais, pour être une unité véritable et une vraie satisfaction de la pensée, il faut que TUn soit universel, enveloppe tout le positif des choses, constitue enfin lunité de toute multiplicité. L'Un est donc, selon Platon, le parfait, TcavreXû; ov, àyaôov. Il en résulte que le principe : « Tout ce qui est a une Idée, qui le rend intelligible, tout a un rapport avec Tintelligence », devient pour Platon identique à cet autre : — Tout a un rapport avec une unité suprême, enveloppant la perfection de chaque chose, et dont le nom le plus élevé est le Bien.

Si réquation radicale entre intelligibilité et réalité est la proposition fondamentale du platonisme, la seconde, déjà moins essentielle, est Téquation entre intelligibilité et intelligence. Les Idées platoniciennes^ sont primitivement des formes éternelles de Têtre; secondairement, des formes éternelles de la pensée, des idées au sens moderne du mot. Platon a cru que la constitution intelligible du monde, comme système de relations, était en même temps une constitution intellectuelle; c'est-à-dire que toute relation dérive, ou de l'intelligence, ou de quelque principe plus qu'intelligent. L'être réel qui, en constituant l'univers, constitue un ordre capable de réduire le

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