‹ La philosophie de Platon (volume 3)Chapitre 3 sur 60 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

lement qu'elles însseni pures et données tout à- fait apriori, et même aux mathématiques, quoique cellesci n'aient leur objet que dans l'expérience possible. Mais je ne puis le suivre en cela, pas plus que dans la déduction mystique de ces Idées ou dans les exagérations par lesquelles il en faisait en quelque sorte des hypostases ; et pourtant, le langage sublime dont il se servit en ce cas est susceptible d'une interprétation plus modérée et plus conforme à la nature des choses. » Il est donc important de constater que Kant ne rejette les Idées de Platon que comme connaissances spéculatives qui atteindraient des choses en soi, et aussi comme types mathématiques, parce que, selon lui, nous ne pouvons rien connaître des choses en soi : les Idées restent donc de simples noumèneSy c'est-à-dire des problèmes que la raison se pose en cherchant à ramener tout à l'unité, mais qu'elle ne peut résoudre avec certitude. Kant conserve le monde intelligible comme intelligible, mais soutient que nous ne pouvons savoir si, oui ou non, le monde intelligible est réel. Ou du moins, si nous pouvons savoir qu'il existe un monde intelligible, c'est-à-dire différent des objets de notre expérience et contenant la réalité même, nous ne pouvons connaître quelle est sa nature, ni en rien déterminer. Il reste donc en ce cas un monde intelligible identique au monde vraiment réel, mais indéterminé et indéterminable. Il y a un lien des Idées, mais les Idées mêmes qui le remplissent, nous ne les connaissons pas, et ce lieu est pour nous un vide, étant insaisissable à toutes nos pensées distinctes.

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