‹ La philosophie de Platon (volume 3)Chapitre 42 sur 60 · RESTAURATION DE LA THÉORIE PLATONICIENNE DES ATTRIBUTS DE DIEU · texte numérisé non relu

RESTAURATION DE LA THÉORIE PLATONICIENNE DES ATTRIBUTS DE DIEU

I. Méthode platonicienne pour déterminer les attributs de Dieu. — II Aspect négatif de l'idée de Dieu. En quel sens Dieu est-il supérieur à l'essence? Aspect positif de l'idée de Dieu. Synthèse des deux points de vue précédents. La vie divine et son évolution éternelle. — III. Attributs plus particuliers de Dieu, ou Idées. 1** Attributs empruntés à la nature. 2° Attributs empruntés à l'humanité. La volonté, l'intelligence et l'amour. Diverses définitions morales de Dieu. Leur ordre dialectique. Harmonie des contraires en Dieu selon le Parménide. Personnalité divine.

I. Analysons et déterminons dialectiqueinent Tidée de Dieu, en tant qu'idée. Dans le Parménide^ Platon a montré les différents aspects sou« lesquels cette idée peut être envisagée; on y trouve sans cesse reproduites, à propos des attributs divins, la thèse qui affirme, l'antithèse qui nie, la synthèse qui concilie la négation et l'affirmation.

Ces évolutions dialectiques n'ont pas pour but d'introduire dans le premier Prinfcipe des contradictions, mais d'annuler les unes par les autres toutes les limilations et contradictions qui peuvent se trouver dans notre propre pensée, de manière à rétablir ainsi, par une voie indirecte, la parfaite harmonie ou la parfaite unité de l'existence

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divine. Celte unité, loin d'être un faisceau de contradictions, est pour Platon Tabsence de toute contradiction. Si la dialectique accumule et réduit en système les affirmalions et les négations les plus diverses, si elle aime à parcourir tour à tour les rayons les plus divergents, c'est pour montrer comment ils coïncident tous dans le centre. De là le grand principe dont nous avons vu l'application dans le Parménide : la perfection ou Idée d'une chose se confond avec la perfection ou Idée de toutes les autres choses. Il y a une suprême harmonie dans cette apparente antinomie : toute chose élevée à l'absolu, par exemple la pensée, est et n'est plus elle-même, est et n'est plus la pensée. D'une part, une chose n'est jamais mieux elle-même que quand elle est parfaite : ainsi, la perfection de la pensée mérite par excellence le nom de pensée. Mais d'autre part, si vous vous contentez, comme Aristote, de l'appeler la pensée, vous semblez dire qu'eUe est cela et non autre chose; or, pour le dialecticien, la perfection de la pensée ne fait absolument qu'un avec celle de la puissance et de l'amour; donc la pensée absolue n'est plus particulièrement la pensée, mais l'unité de la pensée avec tout le reste. C'est ce qui fait qu'aucune définition de l'idée de Dieu n'est adéquate. Les définitions purement négatives sont bien adéquates à l'infinité divine sous le rapport de l'extension; mais elles sont absolument inadéquates sous le rapport du contenu et de la compréhension. Quant aux définitions positives, elles sont d'autant plus adéquates en compréhension qu'elles sont plus concrètes ; mais elles ne le sont jamais entièrement. Voilà pourquoi Platon et ses disciples accumulent les thèses et les antithèses. Nous voyons en nous-mêmes cette tendance des attributs contraires à s'identifier en se perfectionnant. Quand ils se font obstacle, c'est par leurs limitations et leurs négations; ce n'est pas par ce qu'ils ont de positif. Ainsi, ce n'est pas ma raison qui fait obstacle à ma liberté ou à mon amour, mais mon manque

de raison. La contrariété n'apparaît qu'avec les iiornes <le nos attributs; éliminez ces bornes, elle se clmu^e h la limite en harmonie. C'est, pour Platon, l'inia^^e tk l'unité divine.

Examinons successivement, par la méthode platonicienne, les divers aspects sous lesquels nous afvpî^raît l'idée du Bien ; gardons-nous d'y transporter la su('co:^sion et le mouvement qui se produiront dans nos pensées. L'idée du Bien semble à chaque instant changer d'aspeet sous nos regards, mais c'est nous qui changeons, ei non pas elle. Au sommet de la métaphysique brille le soleil intelligible, immobile dans sa splendeur; emportés par le mouvement de notre pensée et de notre amour, nofis gi-avitons autour de lui, et, suivant les positions dilTrirnles que nous occupons, il semble changer lui-même ; mais œ n'est là qu'une apparence. Nous aurons beau nous mouvoir ainsi ou nous reposer tour à tour, aucun mouvem^nl ne sera égal en variété à sa nature absolument midliplt\ aucun repos ne sera égal en fixité à sa nature absolument une. Cette infinité du Bien, loin de décourager uiUre pensée et notre amour, doit les soutenir. Faut -il s^i plaindre* que la lumière soit sans ombre, que le hkn soil sans limites, et que le trésor de la perfection soit inèpiiisable?

IL D'après la première thèse du Parménide, la raison suprême ne peut être aucune des choses dont elJn ('sl \n raison. Si elle était identique, soit à un de ses eff<'ls, m][ à tous, il n'y aurait plus lieu de distinguer Telïel tir h cause. On se trouve ainsi en présence d'une idvw tfui^ (juoique étant la plus immanente à notre raison, est luissi tellement transcendante qu'elle semble supérieun^ h la fois à l'être et au non-être, dans le sens ordinaire <lt^ rt-s mots. Le Bien, étant l'être, est le non-êkr^ dp Una^ Icîî êtres que nous connaissons, pour employer une for mule analogue à celles du Parmnmde. La définition ilo bum

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