‹ La philosophie de Platon (volume 4)Chapitre 4 sur 56 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

inévitables pour toute pensée vivante et sincère, nous croyons qu'il y a encore et qu'il y aura toujours, pour le philosophe, de l'utilité à dire comme Ramus : — Moi aussi je veux socratiser, je veux platoniser. — Il y a une sorte de platonisme éternel qu'il importe au philosophe de comprendre, une Idée du platonisme que tout homme qui pense peut retrouver au fond de sa pensée même : c'est cette Idée que nous avons essayé de dégager de ses nuages. Il ne peut être que salutaire à l'esprit positif de notre époque de quitter quelques instants le domaine des faits pour s'élever avec Platon vers les cimes, c'est-à-dire vers les Idées.

La métaphysique est, dans ses dernières spéculations, essentiellement constructive. La vérification directe des systèmes métaphysiques étant impossible, on est obligé de les juger d'après un double critérium : 1° leur concordance intérieure comme construction de la pensée, ayant pour but la réduction de tout notre savoir à l'unité; 2° leur concordance avec les résultats de la science actuelle, soit physique, soit psychologique, concordance qui est une preuve de leur valeur comme moyens d'unification 1 . Nous avons essayé, dans les pages qui suivent, de reconstruire une philosophie platonicienne aussi complète, aussi une, aussi harmonique en ses diverses parties qu'il nous était possible. On devra prendre nos spéculations comme un édifice d'idées élevé par la méthode dialectique, édifice que nous

1. Voir notre livre intitulé VAvenir de la métaphysique fondée sur l'expérience.

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