‹ La philosophie de Platon (volume 4)Chapitre 5 sur 56 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

ferons aussi large et aussi haut que nos forces nous le permettront. Une construction de ce genre, logiquement liée et unifiée, est toujours utile comme exposition d'une des hypothèses possibles en métaphysique. C'est Platon même qui fait dire par le vieux Parménide à Socrate : « Tu es jeune, Socrate; exerce-toi à examiner toutes les hypothèses possibles sur un sujet et à en déduire avec rigueur les conséquences. »

Notre problème sera donc le suivant : — Quelle est la forme la plus compréhensive et la plus extensive qu'on pourrait donner aujourd'hui au spiritualisme en s'inspirant de Platon, des chrétiens, de Malebranche, de Spinoza et de Leibniz, et en tenant compte des principales critiques d'Aristote ou de Kant? Reconstruire le spiritualisme platonicien sur les bases les plus larges ne saurait être une tâche inutile, soit qu'en définitive cette doctrine doive emporter finalement l'adhésion comme introduisant plus d'unité dans nos pensées, soit qu'elle . doive rester simplement une des deux ou trois hypothèses également possibles, mais également invérifiables, sur les mystères de l'existence et de la pensée.

Quant à la question de l'objectivité et de l'accord avec la totalité de l'expérience, il faudrait, pour la traiter, reprendre et compléter toute la critique de Kant ainsi que celle des écoles naturalistes modernes. Ce serait un nouvel ouvrage à écrire. Contentons-nous de transcrire d'abord et d'apprécier rapidement le jugement même de Kant sur Platon; puis nous rechercherons les éléments de vitalité que semble encore aujourd'hui renfermer le platonisme.

Page 1