‹ La philosophie de Platon (volume 4)Chapitre 6 sur 56 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

« Platon, dit Kant, se servit du mot Idée de telle sorte qu'on voit bien qu'il entendait par là quelque chose qui, non seulement ne dérive pas des sens, mais dépasse même les concepts de Y entendement, dont s'est occupé Aristote, puisque Ton ne saurait rien trouver dans l'expérience qui corresponde aux Idées. Ces Idées sont pour Platon les types des choses mêmes, et non pas, comme les catégories, de simples clefs pour des expériences possibles. Dans l'opinion de Platon, elles dérivent d'une raison suprême, d'où elles ont passé dans la raison humaine; mais cette dernière se trouve actuellement déchue de son état primitif, et ce n'est qu'avec peine qu'au moyen de la réminiscence, qui s'appelle la philosophie, elle peut rappeler ses anciennes Idées, aujourd'hui fort obscurcies.

« Platon voyait très bien que notre faculté de connaître sent un besoin beaucoup plus élevé que celui d'épeler des phénomènes pour les lier synthétiquement et les lire ainsi dans l'expérience : notre raison s'élève naturellement à des connaissances trop hautes pour qu'un objet donné par Y expérience puisse jamais y correspondre, mais qui n'en ont pas moins leur réalité et ne sont pas pour cela de pures chimères.

« Platon trouvait surtout ses Idées dans tout ce qui est pratique... Il étendait aussi, il est vrai, sa théorie aux connaissances spéculatives, pourvu seu-

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