‹ La philosophie de Platon (volume 5)Chapitre 114 sur 138 · L-JxMMORTALlTÉ. * S · texte numérisé non relu

L-JxMMORTALlTÉ. * S

et le Timée. C'est dans son unité essentielle, non dans ses fonctions accidentelles et organiques, que Platon cherche le principe de son immortalité. Beaucoup de critiques, y compris M. Grote, ont vu là une nouvelle contradiction de Platon avec lui-même, touchant la nature de l'âme. Mais est-ce donc se contredire que d'admettre à la fois dans l'àme l'unité essentielle et la multiplicité des fonctions, produites par la triple relation de l'âme 1** avec la matière, 2° avec les Idées dans leur opposition, 3' avec la suprême unité (1)? Platon a fort bien compris que le plus (lifRcile est de démontrer l'immortalité de l'âme dans ses fonctions, et que cette immortalité est même douteuse pour certaines facultés. Il était donc logique (le considérer exclusivement dans le Phédon^ outre l'essence de l'âme, ses fonctions essentielles et seules immortelles.

On a remarqué avec justesse que Platon parle seulement, dans le Phédon^ de l'âme raisonnable, d(» Vesprii^ et non de l'âme irraisonnable avec ses facultés appétitives ou irascibles. Cependant, c'est une orreur de croire que Platon, dans ce dialogue, ait démontré seulement l'immortalité de la raison proprement dite (2). L'essence de l'âme enveloppe, d'après le Phédon, deux fonctions constitutives: la fonction intellectuelle et la fonction motrice ou vitale. Nous allons voir que l'âme est immortelle tout à la fois comme principe de pensée et comme principe de mouvement, sans compter son essence une et indivisible. En d'autres termes, ce qui subsiste en elle, c'est 1° l'unité fondamentale,* participation de l'Unité di-

(1) i** Sensibilité ; 2<* entendement et Ovu&ç ; 3<> raison et spontanéité, (î) C'est l'erpenr de Hermann : De parUtnts animx immorlàlilnix ^ p. 9.

vîne ; 2^ la pensée, participation de l'Intelligence divine ; 3** la vie, participation de la vie absolue ou do l'Ame divine. Ce qui est mortel, c'est le côté par lequel l'âme regarde, non plus Dieu, mais le corps et la matière.

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