‹ La philosophie de Platon (volume 5)Chapitre 120 sur 138 · VII. — Preuve par V essence de tâtae · texte numérisé non relu

VII. — Preuve par V essence de tâtae

Mais, que l'âme ait existé une ou plusieurs fois, et

(2) /fr., 93.

(4) lb,y sqq.

l'immortalité. 599

qu'elle soit autre chose qu'une harmonie, cela ne prouve pas qu'elle soit immortelle, et qu'elle ne iloive pas s'éteindre un jour après avoir animé plusieurs organismes, comme une flamme qui a donné toute sa chaleur et toute sa lumière.

Pour résoudre cette question, il faut connaître plus à fond les lois universelles de la vie et de la mort, et l'essence même des choses. Il faut revenir aux Idées pour leur demander la certitude et la science*

C'est de leur participation aux Idées que les choses reçoivent leur essence ; et de môme qu'une Idée ne peut recevoir en soi son contraire, de même tout ce dont elle est l'essence exclut la forme contraire à cette essence. Par exemple, comme Tunité en soi exclut la dualité en soi, de même tout ce dont l'unité est l'essence, par exemple r/m/^fl/r, ne pourra recevoir la forme de la dualité et devenir pair.

Or, quelle est l'Idée à laquelle la vie participe et qui fait son essence ; en d'autres termes, quel est le principe de la vie? N'est-ce pas l'éme? « L'âme, dit Platon, 9 apporte la vie partout où elle entre. >

L'Idée d'âme exclut donc l'Idée de mort; et comme toute âme particulière lient son essence même de sa participation à cette Idée, toute âme exclut la mort. Dire que l'âme est mortelle, est aussi contradictoire que de dire : le nombre trois est pair.

Ce raisonnement de Platon n'a pas toujours été bien compris. Ce qui peut induire en erreur, c'est que, d'après la doctrine habituelle de Platon, une chose peut participer à la fois de deux contraires. Cela est vrai des qualités de cette chose, mais non de son essence. L'âme peut être bonne ou mauvaise, belle ou laide, etc., parce que toutes ces choses ne'consti tuent pas son essence même ; mais elle ne peut être péris-

sable j parce que son essence est la vie. S'il n'y a pas de contradiction à dire : l^àme est bonne ou mauvaise, belle ou laide; il v en a une à dire: l'âme, dont Tessence est la vie, est mortelle.

Platon conclut que, pour celui qui remonte à l'Idée, à l'essence des choses, la vie est essentielle à l'ànie.

On se rappelle, en effet, comment il a défini l'âme, dans le Phèdre et dans les Lois^ un principe qui si' meut soi-même. De la une nouvelle preuve de son immortalité et même de sa perpétuité.

Vlll. — Preuve par la perj\éluUé du mouvemenl.

C'est la preuve du Phèdre j empruntée au pythagoricien Alcméon de Crotone. Par rapport à la génération. l'ame est un principe: c'est elle qui donne aux choses leur existence parle mouvement qu'elle leur imprime. « L'être qui transmet le mouvement et le reçoit, ao • moment où il cesse d'être mû, cesse de vivre ; mais » l'être qui se meut lui-ipême, ne pouvant se faire dé- » faut à lui-même, ne cesse de se mouvoir, et il est » pour les autres êtres qui tirent le mouvement du » dehors la source et le principe du mouvement (1). » La génération éternelle suppose une âme éternelle, dans laquelle les nôtres étaient déjà contenues et dont elles se sont détachées pour entrer dans les coqis; et nos âmes participent à l'éternité de rânio on soi(2).

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