‹ La philosophie de Platon (volume 5)Chapitre 137 sur 138 · FIN DE LA TABLE · texte numérisé non relu

FIN DE LA TABLE

CXTRAfTS DU RAPPORT PRÉSENTÉ AU NOM DE L4 SECTION DE PHILO- SOPHIE A L'ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET P0UT1QUE3 SUR LE CONCOURS RELATIF AUX IDÉES J|E PLATON.

Par m. Ch. LÉVÊQUE.

Ln en Décembre 1867.

Messieurs,

Sur la proposition de la section de philosophie et sous Tinspiration de l'illustre rénovateur du platonisme en France, qui depuis nous a été si cruellement edevé, TAcadémie avait mis au concours, en 486^, pour un prix extraordinaire de cinq mille francs à prendre sur la fondation Bordin, la question suivante : — Examen de la théorie des Idées de Piaf on. Le programme indiquait que la question proposée pouvait se diviser en quatre parties :

Prehiâre partie. — « La première partie, disait-il, doit être une exposition détaillée et approfondie de la théorie des Idées, considérée en elle-même et dans ses principales applications.

» Déterminer le caractère propre de l'Idée. Est-eïle seulement • une conception de l'esprit et n'ayant d'existence que dans l'esprit, ou n'est-elle pas aussi quelque chose d'existant en soi, comme les espèces et les genres, et n'exprime-t-elle pas l'unité réelle qui réside dans tous les individus d'un même ordre et constitue leur appartenance à cet ordre ?

» Apprécier à ce point de vue les propositions suivantes :

» Tout a son Idée ; l'Idée est l'essence de toute chose ;J'Idée estle type invisible des choses visibles ; l'Idée est le fondement de la définition ; l'Idée est l'objet unique et éternel de la science, de l'art, de la morale, de la politique.

)> En quoi consiste la dialectique platonicienne?

» De l'Idée du Beau. — Esthétique platonicienne.

» De ridée du Juste dans chaque homme et dans l'Etat. — Morale et Politique platoniciennes.

» De la hiérarchie des Idées.

» De ridée du Bien placée au faite de cette hiérarchie, et du Bien supérieur à l'existence, comme en étant la raison et la cause finale.

» Du Dieu de Platon comme le premier et le dernier principe de ridée du Bien, et des Idéesqui^'y rattatshent. — Théodicée platonicienne. »

Deuxième partie. — « Rechercher ce que les prédécesseurs de Platon, et surtout Socrate, ont fourni à la théorie des Idées. »

Troisième partie. — « De la polémique d'Âristote contre la théorie des Idées. »

Quatrième partie. — a Suivre cette polémique dans l'école d'Alexandrie; discuter la valeur de la conciUatiun entreprise par cette école entre Platon et Aristote. »

Conclusion. — a Résumer les mérites et les défauts de la théorie platonicienne des Idées; reconnaître la part et le foiid de vérité que contient cette théorie, i ar conséquent l'importance de son étude et les lumières que lui pourrait emprunter la philosophie contemporaine. »

Ce programme était vaste et difficile à remplir. Il exigeait des concurrents, d'abord une étude approfondie et une intelligence toute particulière de la philosophie platonicienne; puis une connaissance exacte des systèmes antiques qui l'ont préparée comme de ceux qui en sont plus ou moins sortis ; et enfin une raison métaphysique capable déjuger cette philosophie en ellemême et d'y découvrir les éléments durables que la science actuelle doit recueillir et adopter. Une réunion dépareilles qualités est rare, et les espérances de TAcadémie auraient pu è^e trompées. Mais une main vigoureuse avait dès longtemps remué le ter» rain, répandu les semences et préparé la moisson. Ce serait au* jourd'hui une vive joie pour M. Cousin de voir quels beaux fruits a produits son énergique persévérance, en poursuivant le but pendant cinquante années, depuis 1817, où il commençai traduire Platon, jusqu'à l'heure où ce concours a été fermé. Quatre mémoires, en effet, ont répondu à votre appel. Trois sont dignes à des titres divers de votre Cï^time et de vos récompenses ; et le premier, celui pour lequel nous demanderons la totalité de

06 prix extraordinaire que vous avez promis, est une œuvre considérable, où se révèle'avec éclat un beau talent d'écrivain, de critique et surtout de philosophe. Nous allons vous faire connaître ces travaux en procédant par degrés du plus faible au plus éminent. (i)

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