‹ La philosophie de PlatonChapitre 109 sur 260 · I. — POSSIBIUTÉ DU MOHDE · texte numérisé non relu

I. — POSSIBIUTÉ DU MOHDE

Le parfait ou complel existe, el il n'a pas d'aulre raison d'existence que sa perfection même; le bien esl, parce qu'il est le bîjn. Tel esl le dernier résultat de la dialectique platonicienne, lorsqu'elle remonte d'Idée en Idée jusqu'au principe des Idées. Mais, après s'être élevée du monde à Dieu, elle doit redescendre de Dieu au monde; c'est alors que la pensée se trouble, s'étonne, esl presque tenlée de «'absorber daus l'unité absolue. Mais Platon

m> pouvait h faire sans ëlre incoDsé<]ueut avec ïmtnêiiK;; u'esUce pas le miiltijile qui lui a servi de imiiilde ([«[larl et comme de poiul d'utjpui ' pour s'élunccr vers l'uiiili"? Nier le mulliple. ce sérail nier b dialeclîtjue elleiiiime.

Cocnment donc le monde, multiple et imparfait, est-il piissiltle, si Dieu est un el parfait î

Puur rL'SMidre ce prolilètiie, que nous avons déjà vu se poser à propos de la participa lion de» choses aux Idées, ninis i|u'on ne saurait trop envisager sous tous ses aspects, il faut rappeler d'aliord plusieurs principes tjui ont ptmr Platon lu [dus gi^ajule importance, parce qu'ils résumi.^ul toute sa lliéoric des Idées.

l'j Principe du 17" Hure de ta Rèpuwuoue. — - Le pùxMhk a sa raîwii dam le réel. En d'autres termes, ce qui u\'sl pas, puis est, ou le devenir, a sa raison dans ce qui rst.

Un système mcta[diysi(juc se caractérise par le rapport qu'il établit entre ces deux termes; la possibilité et la rêalilê.

Or, logiquement, il semble que le possible soit avant le réel : pour qu'une chose existe, il faut d'abord qu'elle puisse être, qu'elle ait une raison d'être. Rien de plus vrai en ce qui concerne les objets sensibles, et rien de plus conforme à la doctrine de Platon. La première démarche de la dialectique n'esl-elle pas de montrer que le sensible, n'ayant point sa raison en lui-mûme, doit être possible avant d'être réel, el que la racine de sa possibilité, est dans l'intelligible, dans l'Idée f

Mais ici se pose le grand problème métaphysique : L'intelligible, qui enveloppe la raison et la possibilité du sensible, est-il lui-même une simple possibilité ou une réalité?

On sait comment Platon a résolu la question. Pour lui, l'intelligible, que nous appelons l'idéal, est la réalité

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