‹ La philosophie de PlatonChapitre 128 sur 260 · Ai'iilote, De anima, loc. cit., IV, vi · texte numérisé non relu

Ai'iilote, De anima, loc. cit., IV, vi

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VA. frttLOSÔPrttË DE PLATON

même, son essence devient divisible par son rapport avec la matière, nesl tji scôuaTa yi-p/oiUvm jji^pfsTi];. Quand le cercle de l'opinion, s'appliquant aux objets sensibles et les [jarcourant dans tous les sens, est réglé par le cercle de la riii^n, alors se forment les opinions et les croyances vraies et solides, Sô^xt xac mmi; -(lyvoYoti pé6aiot xal

Il y a une troisième forme de la connaissance : la pensée discursive, Stdîvoia. Cette faQulté intermédiaire n'a pour objet ni le pur sensible ni le pur intelligible, mais les nombres intermédiaires, ■A \ut:tli, les conceptions générales et abstraites, les notions mathématiques ou logiques. Cette forme de la connaissance résulte du concours des deux autres. Il faut que les deux grands cercles de l'àme se meuvent à la fois pour que l'âme aperçoive les rapports contraires qui existent entre la réalité sensible et la réalité intelligible. Mais il n'est pas besoin pour cela d'un cercle particulier; aussi Platon n'en attribue pas à la peusée discursive, qui ne parcourt pas des objets réels. « Loisque l'âme rencontre à la fois l'essence indivisible (par le cercle de raison) et l'essence divisible (par celui de l'opiiiioa), elle éprouve alors un mouvement dans toute son étendue, 8ti icâomiç èotutriç (parce que toutes ses facultés se meuvent à la fois) ; elle prononce sur l'identité, la différence, la relation, le lieu, le temps et la manière dont son objet se trouve être ou souffrir, soit dans son rapport avec les choses particulières et sujettes à la génération, soit dans son rapjiorl avec celles qui sont toujours les mêmes '. » Par le [tioyen de ces notions générales (qu'Aristote appellerî) [)his tard les catégories), la Biâvoii relie le particulier à l'uniM^rsël et introduit dans nos connaissances l'unité logique, qui n'est ni la multiplicité réelle de la sensation, ni l'unité réelle de l'Idée.

Or, si l'âme intelligente devient nécessairement sem-

J. Tim., 3T, b.

PSYCHOLOfllË PLATONICIENNE

blable, aulant que sa nalurc le purmel, à Tobjet qu'elle conçoil, — divisible en concevant le divisible, Idée en concevant l'Idce, — de mÊnie ressencc mixle des genres logiques fait en quelque sorte partie de l'âme, ci l'on jieut dire qu'il y a en elle une nature mixte où la divisibilité de la sensation se combine avec la simplicité de l'Idée pure. Ramener le sensible à l'inlclligible, la multiplicité à l'unité, l'individuel h l'universel; définir, diviser, généraliser, raisonner : Ici est le résultat des genres intermédiaires, telle est la fonction de l'essence mixle de l'âme.

Triple dans ses puissances inlellectucUes, parce qu'elle est la réalisation de trois Idées, — l'un, le multiple, le rapport de l'un au mulliple, — l'âme peut être appelée sous ce rapport une espèce de nombre; mais ce n'est pas un nombre abstrait comme ceux des matbcmatiques; c'est un nombre réel et vivant, qui se meut lui-même.

L'âme est-elle donc mulliple et divisible? Oui cl non. La division dans l'espace ne peut convenir qu'à une substance élendue, et l'âme ne peut être divisée physiquement en plusieurs parties de môme nature que le tout, susceptibles d'une existence â pari. L'âme est donc indivisible sous ce rapport. Mais l'àme est divisible logiquement et même mathémaliquemenl, suivant les nombres, dont elle subit la loi comme tout ce qui n'est pas l'Unilé absolue. Elle contient en elle une multiplicité d'attributs distincts, quoique inséparables; et bien qu'identique dans son fond, comme le démontre Platon lui-môme ' , elle n'en esl pas moins sujette au changement par la mobilité de SCS pensées, de ses sentiments el de ses actes.

C'est ce double caractère d'unité el de mulliplicité qui fait de l'âme la médiatrice entre la malicre et les Idées, Elle a toujours, dans la doctrine de Platon, le rôle de moyen terme, La pure intelligence, qui se confond avec les Idées

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