PSYCHOLOGIE PLATONICIENNE
tresse '. Voici de quoi et commeul il la fît. De î'csscnce indivisible et toujours la même, et de l'essence qui tlcviciil divisible à l'égard des coi-ps, il forma par leur mélange une troisième essence inlcrmédiaire, participant de la nature du mêrnc, qui ap|iartient à la première, et de la nature de Vautre, qui apfiarlienl à la seconde. Il ]ila(;a l'essence mixte entre. les deux autres, qui n'auraient pu être bien nnies sans ce moyen terme ; puis il fondit ensemble les trois essences, de manière â réunir le tout en une seule forme ou idée. Teii Xaêoiy, tTu^M^içtto sî; atïv jràvTa î5é«v. Ainsi donc il combina violemment la nature intraitable de. ce qui est divers avec ce qui est le môme; et, ayant miMé les deux avec l'essence, de ces Iroîs choses il forma nn tout unique. Il divisa alors le tout en autant de parties qu'il était convenaUe, et chacune se trouva contenir du tnême, du divers et de l'essence. *
Tels sont les élémenls de l'ûme, qu'on peut ajipeler avec Arislole axot/EÏa, à condition que l'on comprenne qu'il s'agit, non d'éléments matériels et réellement séparés, mais d'éléments intelligibles, d'Idées distinctes auxquelles l'àme participe.
Ces idées sont au nombre de trois : celle du même, c'est-à-dire l'unité; celle du divers, c'esl-à-dire la pluralité ou la dyade; et l'essence intermédiaire, que Platon linit par ap[ieler simplement l'essence, oùfffa, parce que toute essence est une communication du multiple avec l'un et un moyen terme enlre ces deux cuntiaires. A ridée de l'unilé correspond dans rame la partie indivisible, (jui est comme l'élément monadiquc de l'ànie : c'est la forme dé-
t. Il s'agit de l'âme înteUigenie, comma la suite va Iti prouver. L'îme aimplcmcat motrite, uièro de la géncration, esLsynilioliquement représcntôe comme aiilÈrieure à l'ordre du monde. Mais l'âme intelligeiile et l'ordre du inonde sont nés ensemble; ils sodL liés comme la cause el rt:ITeU C'est ce que n'a pas voulu comprendre Aristole, qui reproclie à l'ialon d'avoir fait l'âme postérieure au monvement et cùtilempoi'oiue du monde. L'Ame inletliHeDle,oui;t'tlinainotnr.eetfatale,oon.jVéfapA.,}£ll(Xl),U.
198 tX PHILOSOPHIE DE PLATOFT
terminant'' dont parle le Philè&e. A iidûc du miilliple el (lu (livtTs coriTSj*(inrt In [latlïe divisililn et (jonimti iiinlériello iIl' rame, rèhniiciUdyailique ; c'osl la lualicru indéterraiiiéi^ (to ilîte-.fov). Knûn un reirouve dans l'ûme l'cssenoe ti la fois une el iiiu!li[de, le geate mixta ihi Pkitèhe, qm t'sl t'i jimpromenl [lader l'cMUrtce. Uunnt h la cause du méliniKP. c'est Dieu.
Arislotn a donc raison d(; dire i|iie les éléments de lontcK diascs sont réunis (Kir Platon linm l'âme. El il ni*us (lit la rnispn de ce [nélanf.;e, Punr que l'âme jiuisse cunnaîlru tous les geni*», il fiinl ipi'elle porticiiie à tous : tel était le principe de Plaluii. La connaissance, en elîet, eiijipose eulre le sujet el l\dijel une unnliigie et niî'nie une idenlilé qui n'eselut [ms lu diUèrenee, On sait que l'idintlité nVst pas poui' Pljitttn l'absolue nnilé. 11 n'y u do science véril-iilile que ijuand lu pensée, pnivnquée par le mundc extérieur, trouve on elle-méine lVjl>jel de sa piiipre science, aùr^ i^ éiu-7j( rriv tmixTjiAiiv ivaXijjiWvei. Savoir, c'esl ramener toutes choses à lu pensée el â l'âme. Il faut doue bien que l'àino renfernie les éléments intcUHjiblci de toutes choses, seuls objets de la connaissance.
La troisième hypothèse du Parménide, qui semble se ra]iporter à l'âme, considère aussi truis genres ou éléments réunis en un seul : l'an, le mtilfiple, el ee qui est un el fnultiple. Pai-mènide fait voir que ce qui en résulte, c'est le mouvement dans le temps et l'espaee, ainsi que les autres espèces de cliangeuienlB. Et, en effet, l'Ême ie délinit : ce qui se meut soi-même et meut tout le reste. La pensée même, la pensée finie, est un mouvement.
Il y a dans l'âme deux espèces principales de changement, qui ecuTes pondent à sa partie indivisible et ft se partie divisible. Platon les appelle le mouvement du même el le m.'ju veulent de l'autre, et attribue à chacun un des cercles de l'ilme. Il peut aussi s'y produire un mouvement iDJcnii.'iiIinire, qui correspond à l'essence mixte.
Gcii uiouvenients ne saut autre chose que les diCTéreates
PSrCHOLOGIG PLATONtCiENNE
opérations Je l'inlelligence, comme le prouve la suile du J'imi^ir, i Quant! la raiscm a [tour objet ce qui esl ralionnel, ol que le cercle de ce qui est le mârae, révolu à propos, le découvre à l'âme, l'inlelli pence et la connaissance s'accomplissent néci^snirenient '. • Ce ceivln du même n'esl donc autre chose que la rai.-ion, ta viitiuiç. Le mouvement de la raison, qui se reiilie sur elle-mcînie pour contempler ou dedans de soi les Idées, n'esl-il pas comme un mouvement immuable par son unif(»rndlé et sa régularité? La pensée ininilivo devient analogue à son objet : en concevant l'unité, elle se fait semldalile à elle, et la forme que prend l'ilme dans cet acte intellectuel est ce que Platon nonuTie Vesifince indivisible et toujours la même, la jaisoii, 6 Wyoî. Cette raison pure est muette; ce verbe intérieur est sans voix, âvtu œâoYVO" >ial "fi'/^fi ; c'est par un reyard silencieux que l'intelligence aperijoil en elle-même un rayon de la vérité éternelle.
Le secood cercle de l'ûme est celui de Voptnion; il u le moHVcmenl de la diverûté. Dansj si m rap[iort avec les objets eom[i(Jsés, dont l'essenco est d'être divisible, l'esprit est obligé de se diviser pour ainsi dire cumnio eux. Cor, encore une fois, tout acte de connaissance est une espèce d'assimilation entre le sujet et l'objet. Comment oe qui esl absolument un et indivisible pourrait-il penser le multiple, le divisible el le changeant? C'est par le semblable que l'on connaît le senddable '. Pour que Dieu même puisse connaître la plurahté, il faut qu'il la eoidieime éminemment dans sa perfection. Aussi avons-nous vu que tout système exclusif qui s'en lient à la mobilité pure ou à la pure immobilité détruit par là même la connaissance .dans l'homme el eu Dieu. Puisque nous connaissons la ^multlptieilé sensible, c'est que notre âme, elle aussi, la iferme émiuemnieut dans son unilé. Indivitiible eu elle-
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1, Tim., 37, b.