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CHAPITRE IV

LA PROVIDENCE

l. La PhoviDE^ïCR. Le monde et l'âme ne peuvent subsister par eux-mêmes. Iileniité de l'acte proJiicleui' et lîe Parle cotise r- Tnlenr. Ui t'ruvidenee eet untveraelle. — II. L\ RELioion. ÛilTiTenL'e do la vraie religion et de la «upcrslïtion. Critique ilii p.ignnij^mc. Lu vraie piété. Lu saintelé identique avec la justice. L'Idée du saint. Les Sois morales no sont point nue institution arbitraire de Dieu.

I. ■ Dieux issus d'un Dieu, vous dont je suis l'auteur el le père, mes ouvrages sont indissolubles, [jarce que je le veux. Tout ce qui est eoraposé peut se dissoudre, mais il est d'un mcclianl de vouloir détruire ce qui est bien el forme une belle harmonie. Ainsi, puisque vous êtes nés, vousn'èles point iuimortels ni absolument indissolubles; mais vous ne serez point dissous el vous ne connaîtrez ]ioinl la mort, parce que ma volonté est pour vous un lien plus l'urt que ceux dont vous fûtes unis au moment de votre naissance '. »

Ainsi le Cosmos ne subsiste point par lui-même. Si Dion l'a [irotluil, c'est qu'il a trouvé que son œuvre serait bûBue; lit détruire, ce serait se condamner soi-même. L'acte producteur est donc eu même temps conservateur,

i. Timée, il, a, sqq.

LA PROVIDENCE

et il communique au monde, sinon l'élernité, du moins l'image de l'éternité dans la durée infmie des siècles.

Mais, sans la « volonté de Dieu >, rien ne subsisterait, pas même l'âme. En vain dira-l-on que l'âme est simple : sa simplicité n'est pas la véritable unité. Comme tout ce qui n'est pas Dieu même, l'âmo est une chose multiple, non physiquement, mais métaphysiquement. Cela suffit pour lui donner un caractère de dépendance ; et, pour qu'elle soit liée à l'être d'une manière indissoluble, il faut que l'êlre lui-même la retienne et la lie par la puissance de sa volonté.

Combien sont donc < ridicules > ceux qui reconnaissent l'existence de Dieu, mais s'imaginent « qu'il méprise les affaires humaines et ne daigne pas s'en occuper * » ! c Les soins des Dieux ne s'étendent pas moins aux petites choses qu'aux plus grandes... Les Dieux ignorent-ils que leurs soins doivent s'étendre à tout, et leur négligence a-t-elle sa source dans leur ignorance ; ou, connaissant que leurs soins sont nécessaires à tout, refusent-ils de les donner, semblables à ces hommes méprisables qui, sachant qu'il y a quelque chose de mieux à faire que ce qu'ils font, ne le font pas par amour du plaisir et par crainte de la douleur? — Comment cela pourrait- il être?... — Tous les êtres mortels n'appartiennent pas moins aux Dieux que l'univers entier. Qu'on dise après cela tant qu'on voudra que nos affaires sont petites ou grandes aux yeux des Dieux ; il serait contre toute vraisemblance, dans l'un et l'autre cas, que nos maîtres, étant très attentifs et très parfaits, ne prissent aucun soin de nous. >

Dans les petites choses. Dieu est le plus grand. * Il est plus difficile de voir les petits objets, d'entendre les petits sons que les grands... D'ailleurs ceux qui sont chargés d'une administration quelconque ne sauraient négliger

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