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Lois, X, Sis, sqq

GHAPITRE VI l'immortalité

I. Preuve socratique et platonicienne de l'immortalité par la nature, qui délivre l'âme du corps. — II. Preuve pytliagoricieuae et platonicienne par la palingénésie et la métamorphose des contraires. — III. Preuve platonicienne par l'essence même de la vie.

L'âme est-elle immortelle dans sa substance et dans sa personne, et cette immortalité est-elle une conséquence naturelle de la théorie des Idées?

Le Phédon expose les preuves de l'immortalité dans leur ordre dialectique, depuis les arguments les plus extérieurs jusqu'aux plus intimes, et chaque preuve ne doit pas être considérée dans son isolement, mais comme un des anneaux d'une chaîne continue '.

1. C'est ce que remarque avec raison Stallbaum, Arg. Phsd., 22. Voy. aussi sur le Phédon : TIedemann, Argum., p. 19, sqq.; Wytlenbach, Prxfat. ad Phsd., p. xixiv; WiRgers, Examen Arg. Plat, pro immort, an hum.; Kuhnardt, Platons Phxdon mil besonderer Bûcksichl; Grote, Plato, II; Zeller, Gesch. der Griech Ph.. part, u, p. 267 et suiv. ; enfln les écrits de Teichmûller. Telchmflller soutient contre Zeller l'identité fondamentale des doctrines de Platon et d'Aristote, leur attribue à l'un et à l'autre un monisme panthéiste fondé sur la théorie de l'immanence des Idées : il nie que la doctrine de l'immortalité individuelle se rencontre plus chez Platon que chez Aristote. Hcinze, Siubeck et Bertram aboutissent à des conclusions toutes dilTéreotes de celles de Teichmailer.

Les iiri.'inim'S jireuves aint liri'i-s ilfs i-npporis mtlrtDsè(|ue!f ilv Vinne iivtT les IJées, les aiilms de ses r;i]ipurts les [tins iulriiiséiiups et de son esseace même.

C'est souknieiit dans son essence, en cffel, que l'ùme est immorlellc d'après le Phcdon. Aussi on reinan]uera que ee ilialo^ue ne fait aucune allii^inn à la Iripiirtilion fie l'ilme qu'on trouve dans la République et le Timée. C'esl dans son unité esBentielle, non dans ses foneiiona acRideiitelles et organiques, que Platon cherelie le principe de son immorlfllité. Beaucoup de critiques ont vu lii une nouvelle eontra diction de Platon avec lui-même, toudiaui la nature de l'àme. Mais est-ce donc se coulredircqueil'admettre » b fois duns l'âme l'unité essentielle, et hi mulliplicitc des fonctions, produites par la triple ^eln^ion de l'ilme : i* avec la matière; 2° avec les Idées dans leur opposition; 3" avec la suprême unité 'ï Platon a fort bien compris que le difllcile est de démontrer l 'immortalité de l'âme dans ses Ibnctions, et que cette immortalité n'est admissible que pour certaines facultés. Il était donc logique de considérer exclusivement dans le Pkédon, outre l'essence de l'âme, ses fonctions essentielles et seules immortelles.

On a remarqué avec justesse que Platon parle seulemeat, dans le Pkédon, de l'âme raisonnable, de l'espri*, et non de l'âme irraisonnable avec ses facultés appétitive ou irascible. Cependant c'est une erreur de croire que Platon, dans ce dialogue, ait démontré seulement l'imniorlalité de la raison proprement dite *. L'essence de l'âme enveloppe, d'après le Pkédon, deux fondions conatilulives : la fonction intellectuelle et la fonction motrice ou vitale. Nous allons voir que l'âme est immortelle tout à la fois comme principe de pensée et comme principe de

1. 1> ïiensibilitè; 2» entendement et Ou|ji(!;; 3° raiaon et, spoil' taiiéilù.

2. G'c.L l'opinion de Hermann : O? partibus atiimm immortaWfUs, p. 9, et aelte de TeicimiUUer.

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