‹ La philosophie de PlatonChapitre 230 sur 260 · LES SLTCCESSEDRS DE PLATON · texte numérisé non relu

LES SLTCCESSEDRS DE PLATON

les germes sont les principes des plantes el des animaux, mais la beauté el la [lerfeclion ne se munirent que dans le produit de ees germes ' . » Aristole répond que ce n'est point le germe qui est avant l'homme, mais l'homme qui c-st avant le germe. » D'après certains théologiens récents, dit-il ailleurs, c'est seulement par le progrès de la nature des êtres que le bien et le beau se manifestent (npoeXOsilaïii;

vsoOai) '. » C'est là, comme on l'a remarqué, l'idée première du progrés ou de la procession (•^ itpdoôoî) '.

Ârislote compare les partisans de cette doctrine aux théologiens de l'antiquilé qui, avant Jupiter, mettaient la nuit et le chaos, avant Vacte la puissance. Mais les poètes anciens plaçaient la souveraine beauté et la sagesse dans Jupiter; Speusippe les place dans le monde, où elles ne se manifestent que progressivement, à mesure que la nature des choses se développe el se déploie. Aristote comprend la gravité de celte doctrine, à laquelle il fait perpétuellement allusion. C'est pour répondre à Speusippe qu'il soutient, conformément à la pensée la plus intime de Platon, que le bien est tout à la fois dans le monde et au-dessus du monde, comme le bien d'une armée est tout à la fois dans son ordre et dans son général *. C'est à lui encore qu'il s'adresse quand il démontre longuement l'antériorité de l'acte sur la puissance; el il revient toujours à l'exemple du germe el de l'animal : le germe, dit-il, n'est pas le véritable principe; c'^t l'animal qui engendre l'animal '.

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