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s LA PHILOSOPHIE DB PLATON
y faire rentrer quelque Idée déjà connue de nous, et si le beau n'enveloppe point dans son unité essentielle une pluralité d'attribut! déterminables.
Demandez à un eipHt vulgaire de définir le beau en sai, il ne manquera pas de le confondre avec les objets particuliers dans lesquels la beauté réside '. Aussi, quand Socrate adresse cette question à Hippias, le sophiste répond grossièrement que la beauté, c'est une belle femme. Une telle réponse excite l'ironie de Socrate : — Ûuoi donc! une belle cavale n'est-elle pas belle? une belle lyre n'est-elle pas belle? et peut-on dire que la beauté qui appartient à un objet particulier soit le- principe de la beauté qui existe dans les autres? Tant qu'on ne sortira noint du particulier, on ne trouvera pas la raison du beau. D'ailleurs, la beauté dont parle Hippias n'a rien de fixe : une belle cavale est laide par comparaison avec une belle femme, et une belle femme est laide en comparaison d'une déesse. Est-ce donc là la beauté absolue, la beauté sans mélange?
Hippias cherche alors, au lieu d'un exemple particulier, quelque chose dé plus général, et prétend que c'est l'or qui donne aux objets la beauté. On sait que ce métal, était d'un grand usage dans les procédés de l'art antique. Mais Socrate répond que l'ivoire n'est pas inférieur à l'or. Le sophiste comprend enfin qu'il (kut quitter le domaine des objets physiques, et il place la beauté dans la considération, dans la richesse, dans une longue vie. Mais une telle définition est trop étroite encore : elle ne convient pas aux objets de l'art ni de la nature.
Socrate propose alors ses définitions, qui contrastent par leur généralité avec Celles d'Hippias. c Le beau est le convenable ; le beau est l'utile. » Ce sont les mêmes définitions qu'on retrouve dans les Mémorables de Xénophon et dans plusieurs passages de Platon lui-même, principa-