V. Rép
t'iOÉE DU MAO S
letnent dans le Gorgiai et dons le Premier Alei^iadi *< Pourtant Platon lea rejette ioi, ce qui a paru contradictoire ausc oommenlateura. Mais il faut bien considérer quel est le véritable objet de la recherche entreprise dans la Premier Hippitu : il s'agit de déterminer le btau en soi qui orne et embellit toutes les autres choses^ du moment qu'elles en participent, non pai ce qui est beau, mail ce que c'est que us beau, « Toutes les belles choses ne Bont-elleâ point belles pat* le beau? Ce beau ta'est-il pat quelque chose de réel? • C'est donc l'Idée du beau dont le Premier Hippias cherche la détermination. Dès lors, le point de rue socratique, qui considère les Idées non dans leur séparation (t^ ^^upioxdv), mais dans leur immanence, se trouve Subordonné au point de vue platonicien de la transcendance. Les définitions de Socrate, lorl acceptables au premier de ces points de vue, deviennent insUfQsantes, relatives et provisoires quand il S'agit du beau en soi, simplet un» absidu. La convenance et l'utilité, quoique pouvant, aux yeut de Platon comme de Socrate, être mises en équation avec les choses belles, dont elles sont inséparables dans la mesure oii ces choses sont belles, ne peuvent cependant être identifiées aVec le beau en $oi, dont elles ne sont que des dérivés et des manifestations particulières *. Parce que les choses belleé sont en fait les choses convenables^ utiles, agréables, il ne s'ensuit pas que le beau iui^mime soit simplement la contenance t Yuti-
1. « Pour commencer {>ar têâ beaux CÔrpS, quand ta dis qu'ils sont beauk, U'esl-AB point, ou par rappori à l'Uiage qu'en an peut tirer, ou eb vue d'un certain plaisir, parce que leur aapect fait oailre un sentiment de joie dans l'âme de ceux qui les regardent!... N'appellcs>tu pas belles de fiiêiiie tdUtës les autres chbsés, soit Bguresi soit couleurs, potir lepUiMr ou l'M<tnié qui en revient, ou pour l'un et l'autre h la fois? » Gorg., V, 474, b, c, d.— Kaïà TaOtdv yl È<rci xaXôv xat «YaS^v, i*^ Akib., lis, a, b;, «.
2. « Lie philosophe ne prend Jatnais les choses ballea pour le Beau lui-mËmc. » Rép., V, lue.. cit.
lité, le plaitir. Ainsi, la convenance est un rapport entrei plusieurs objets, et par conséquent entre les parties d'un tout ; mais, dit Platon, de deux choses l'une : si les parties sont belles en elles-mêmes, leur beauté ne vient pas de leur arrangement; si elles ne sont pas belles, l'arrangement ne peut produire que l'apparence ou le phénomène de la beauté, et comme son imitation '.Or la beauté en tant qa' apparaissant dans les phénomènes qui l'imitent n'est pas l'objet du Premier Hippias. Ce dialogue, Platon nous en avertit formellement, roule sur la beauté dans son être absolu, sur le réel de la beauté. L'ordre et la convenance font paraître le beau dans les choses; soit; mais le beau lui-même est autre chose que cet ordre et cette convenance, comme le modèle est autre chose que son image. — De même, le beau en soi n'est point les choses utiles, simples moyens relatifs à leur but. Seule, la bonté du but mesure l'utilité du moyen et par conséquent sa beauté. — Le beau serait donc seulement ce qui est utile à une bonne fin, ce qui a la puissance de produire le bien *. Mais cette dernière définition est encore inexacte au point de vue métaphysique. Si le beau est ce qui produit le bien, le beau est la cause, et le bien est rabaissé au rang d'effet. Le bien n'est donc plus ni indépendant, ni primitif, ni absolu; au lieu d'être un principe et une fin, il n'est plus qu'une conséquence et un moyen; l'ordre rationnel des Idées est entièrement renversé. On le voit, l'utilité et la convenance ne sont que le phénomène de la beauté et sa forme sensible. Il en est de même du plaisir. Si le beau était l'agréable, les plaisirs les plus grossiers et les plus honteux seraient beaux, ce qui est impossible. Dira-t-on que le beau consiste seulement dans les plaisirs de la vue et
1. Hippias, p. 287, sqq. Ce passage ne nous semble pas avoir été compris par la plupart des interprètes.