LES ATTRIBUTS MÉTAPHYSIQUES DB DIEU M
Le Dieu Je Platon est simple, non parce qu'il possède une sente qnalilé, mais parce qn'il les possède toutes. Ce n'est point la simplicité de l'être abstrait, mais celle de l'èlre intinimcnl concret. Aussi la simplicité de Dieu n'exelul pas la variété de ses perfections ; autant d'Idées, antant de formes divines, très distinctes pour la science, mais uécessairemenl liées l'une à l'aulre dans la substance éternelle. C'est en ce sens que Dieu est tout à la fois un et mulliplé ' .
Le Dieu de Platon est immuable. Outre la preuve dédneiive du Parinénide, Platon l'a démontre encore par induction. En effet, plus il y a de perfection dans un être, moins il est sujet au cbangement. Les eorps les pins robustes sont les moins affectés par le trava 1. L'àrae est d'autant moins troublée et alérée par les accidents extérieurs qu'elle est plus courageuse et plus sage. » On être est donc, en général, d'autant moins exposé a» ciiaufjement qu'il est plus parfait,.. Mais Dieu est parfait avec tout ce qui tient à sa nature. Ainsi il est l'être le moins susceptible de recevoir plusieurs formes, — Certaiiiemont. ^- Se rail- ce donc de lui-même qu'il changerait de forme? — Oui, s'il est vrai qu'il change. — Et ce changement
divine, déjà si profomje duni Xénophane (voir plus loin), dans Piirméiiide, dans Platon et danit la Métaplii/nit/ue d'Anatole. Le polj'ttiÉisme, pour Platon, n'e.visto que dans te dieu engendré, dans te monde; el encore n'est-ce Ik qu'un point de vue provisoire et un moment dialectique : le monde est un, comme Dieu est un. (Voy. le Timide, loc. cit.) La lettre où Platlon dit qu'il parte des dieux pour le vulgaire et de Dieu pour ses auis n'a rien d'invraisemblable. En délinitive, Platon n'Était guère moins monothéititu que Ië« ctiré liens qui admettent un seul Dieu, mais trois personnes uu puissances dt!StiDctes en Dieu, t'unian de t'iium^nilé et de la divinité dans le Idesaie, uoe mère dé Dieu, des anges ou puissances supérieures que la Bible appelle des dieujc, et des maints qui Font comme des héros ou demi-dieux. Tout cela ne tes empêclie pas de concevoir t'Ëlre partait comme unique, et la mËme conception rainonitée se trouve cbez Platon.
i, Voy. ne're analyse du Parmc'nkle, dans k tome I«'. .
LA PUlLOSOfUIS DE t>LATON
(le forme serail-il en cnicui ou en pis? — NécessaEreiiHMil, si l>ii>ii l'iitiiijçe, et" ne |m>hI Aire i|iriMi mal; rai- nous iriivou!<i ^ui'iIk tlu tlirn <|ti'îl uinmjite à Ilicii ijuelqiiL* [lerfei'lioii. — Très liieu. <Iela posé, croi*-lii (|ii'uu être, i|uel ([n'il soil, homme ou dieu, prenne volunliurd de lui-mèrne uni! forme inférieure à la sisnnpï — Iniposaible. — Il est iloiie îmjKissiljle que Dieu veuille go donner à lui-mi^me une au Ire forme '. »
Le Dieu de Plalon est étemel el immuable. Il y s une grande (lilTèrence entre le temju. fiM-il sons comniencemeut ni lin, el Véli^miié. Le temps est un passage per- ^tuel du non-êlre n l'èlre; l'éli-rnité esl le repos de l'être '. Elle consistlc [lonr Plalou, non pas dans l'absence d'une Un ni mrine d'un commencement, mais dons la possession i m m un lie el simultonte de tout ce qui se développe successivement dans le temps.
De mfnie, Dieu n'es! pas dans l'espace. Platon nous a <lêmoutrê, dans le Parniénîde, que l'Unilé n'esl ni en elte-uiéme ni hors d'eîle-nifime. L'idée même du lieu et de l'es]ioce, appli([uée à l'èlre véritalde, esl un lève que nous Irausporlons dans la réalité ', une conception cuh-
1. Cette dém/inslration, déjà si rigoureuse, est exposée d'une ■manière plus iscienlillriue encore par Aristot>.>, dans un pits-- Sage de son traité sur la P/iiiosop/iîe, conservé par Simpliclus et cité plus Imut. €c pusi^agc est tout platouiijue : u La iiilatton du moins bon au meilleur suppose ie Blûn ntisotu. Donc, puisque dans les Ctree l'un est meilleur que l'autre, il y a un bien parfait, qai est le divin. Or ce qui chango, ou reçoit le chanReoieot, ou le produit lui-même; s'il le reçoit, c'est d'un être meilleur oo pire que lui; s'il le produit, c'est pîir te dé^ir d'une chose mauvaise ou d'une chose bonne. Mais le divin ne peut être changé par un être meilleur que lui, etc. »
2. u Le passé et le futur ne «ont que des Termes passagères que, duns notre ignorance, nous transportons mal à propos i. la substance Éternelle; uous avons l'habitude de diru : elle fut, elle est, elle sera. Elle eit: vuilâ ce qu'il (aut dire en vérité... La suli»Innou élernelte, toujours la même et immuable..., n'eatj ni ne fui, ni ne sera jamais dans le temps. » Tim,, 37, e.