De Immortalitate Animx, lib, unus, cap. x
d76 CHAPITRE IT.
porels ^ Que ceux qui imaginent l'âme corporelle nous apprennent quelle forme, quelle couleur ont les vertus qu'ils se plaisent à suivre dans leurs actions ou à célébrer^. Huitièmement, tandis que le corps est composé et divisible, l'âme est simple et une, quoique engagée dans le corps. C'est ce que rend clair une comparaison. Que l'on considère la plus parfaite des figures planes qui est le cercle. La raison nous apprend qu'il n'y a dans le cercle rien de plus essentiel que le point, qui en est l'élément générateur. Or, évidemment, le point n'a pas de parties. Comment, dès lors, s'étonner que l'âme, qui est incorporelle, qui n'a ni longueur, ni largeur, ni profondeur, exerce cependant sur le corps un tel empire, que d'elle dépend le gouvernement de tous" les membres, et qu'elle se trouve le centre de l'action, le principe de tous les mouvements du corps? Que si, lorsqu'il s'agit des sens, à qui il n'est donné de rien sentir que de corporel, la grandeur du corps est parfaitement indifférente à leur puissance sensitive, faut-il craindre que l'âme humaine ne soit rien, à cause que la raison, qui est par excellence la vue de l'âme, et comme la seule vue qui la révèle elle-même à elle-même, l'aura convaincue qu'elle est dépourvue de la grandeur qui remplit le lieu ^? Par cela seul qu'elle est simple et une,