Ibid., lib. III , cap. v
corpë, et ce qui est supérieur ne saurait être modifié par ce qui est inférieur.
Au-dessus de la perception sensible, apparaît d'ailleurs la conception spirituelle, et au-dessus de la conception spirituelle, la pure pensée.
(( Il y a, par conséquent, trois genres de perceptions. Le premier comprend les corps, comme le ciel et la terre avec tout ce qu'ils renferment, et que les sens peuvent atteindre. Le second comprend les images des corps qui se forment ou se conservent dans notre esprit, et par le moyen desquelles nous nous représentons les choses dont nous nous souvenons, et même celles que nous avons oubliées, et de ce genre est encore tout ce qui nousapparait dans les songes ou dans de certaines extases de l'àme et qui suppose toujours quelque sorte d'étendue. Le troisième, qui ne tient en rien des deux premiers, comprend ce qui non-seulement n'est point corps, mais ce qui n'a nul rapport aux corps , comme la sagesse qui ne se voit que par la pure intelligence, et dont la lumière nous fait seule bien juger de tout le reste *. » Ce sont ces trois genres de perceptions qui se rencontrent dans ce seul précepte : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Il y a là, en effet, « une perception des yeux, par laquelle nous connaissons les lettres ; c'est, d'un autre côté , par une perception toute spirituelle que nous pensons au prochain et au prochain absent; enfin c'est par une pure inspection de l'esprit que nous comprenons que nous devons aimer notre prochain ^.w