De Anima et ejns origine, lib. 111, cap. vi
DE l'origine de l'ame. 205
peu près rejeter du même coup, avec la doctrine de l'éternité des âmes, la doctrine des vies antérieures de Tâme. Et, en effet, Augustin répudie l'une et l'autre hypothèse.
Ceux qui soutiennent l'éternité des âmes, se relèvent de ce principe : que ce qui ne doit pas avoir de fin, ne doit pas avoir de commencement. C'est là une simple affirmation, et non point un principe; cette affirmation est d'ailleurs une erreur.
D'un autre côté, les âmes n'ont pas connu une vie antérieure, d'où, en punition de leurs fautes, elles auraient été précipitées dans des corps, et dans des corps plus ou moins denses proportionnellement à leurs fautes. Car :
1** La création serait, à ce compte, un châtiment et non un acte de bonté divine.
2° On s'expliquerait mal que les démons eussent des corps aériens, tandis que les hommes ont des corps terrestres.
3° Si le soleil est la demeure d'une âme punie, pourquoi n'y a-t-il pas deux, trois soleils?
4° Enfin, une série indéfinie d'existences antérieures ne suppose-t-elle pas une série indéfinie d'existences ultérieures?
Cette doctrine de la préexistence, qui imphque pour l'âme avant qu'elle ait été unie à un corps, un état de bonheur et un mérite, est repoussée par Augustin, non-seulement au nom de la raison, mais au nom de l'EgUse, qui, de son temps, sans parler des anciens hérétiques, la condamnait chez les Priscillianistes ^