Dr Genesi ad Lilteram , lib. X, eap. xxiv, XXV
2. Epistoîa CXC, Optato, cap. i, vi. Epistola CCll bis, Optato (420), cap. I, M.
DE l'origine de l'a3je. 215
C'est aussi dans le même sens, qu'Augustin termine sa lettre à saint Jérôme : « Je ne demande pas mieux, lui dit-il en finissant, que cette opinion de la création journalière soit la mienne aussi bien que la vôtre, si elle n'est point contraire aux articles inébranlables de notre foi; mais si elle y est contraire, elle ne doit être non plus la vôtre que la mienne. En définitive, quoique je souhaite très-ardemment être éclairé et que je conjure Dieu de me tirer par votre secours de l'ignorance où je suis sur ce sujet, néanmoins si je ne méritais pas une telle faveur, ce que je le prie de ne pas permettre, je lui demanderai la patience, puisque notre foi nous enseigne à ne jamais murmurer contre lui, quoiqu'il nous laisse frapper à la porte sans nous ouvrir. Je me souviens que Jésus-Christ a dit aux apôtres mômes : « Il me resterait bien des choses à vous dire, mais vous ne sauriez encore les porter [Joan. xvi, J2). » Je me considère donc comme étant de ceux pour qui cela a été dit, et je n'ai garde de trouver mauvais que Dieu ne me juge pas digne de savoir ce que je désirerais, puisque ce désir même de savoir m'en rendrait d'autant plus indigne. Il y a beaucoup d'autres choses que je ne sais pas non plus; et il y en a tant qu'il me serait impossible de les nombrer. Je m^e résignerais même volontiers à ignorer celle-ci, n'était que je crains pour de certains esprits, qui ne sont pas assez sur leurs gardes, qu'en se laissant aller à quelqu'une de ces quatre opinions, ils ne s'écartent de ce que la vérité de la foi nous enseigne. Mais en attendant que je sache à quelle opinion il faut me ranger, je crois qu'on ne m'accusera pas de témérité quand je dirai
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que celle qui est la vraie n'a rien de contraire à la foi constante et inviolable par laquelle l'Église croit que les enfants, non plus que les hommes, ne peuvent être délivrés de la damnation qu'au nom de Jésus-Christ, et par la grâce qu'il a déposée dans ses sacrements ^ »
En somme, Augustin, en agitant le problème de l'origine de l'âme, n'a point cédé à une fantaisie de l'imagination, non plus qu'à un mouvement de pure curiosité. 11 a cru servir les intérêts de la religion. D'un autre côté, une fois aux prises avec les difficultés qui enveloppent cette question, il a eu moins à cœur d'en indiquer la solution précise, que d'éviter les erreurs dont elle a été, ou peut être l'occasion. Or, ces erreurs sont nombreuses. Lui-même en compte jusqu'à onze :
1° Ce n'est pas du néant que Dieu a tiré l'âme; il l'a faite de sa propre substance.
2° C'est pendant un temps infini, et ainsi toujours, que Dieu donne des âmes, de même que lui qui les donne existe toujours.
3" L'âme a perdu par la chair quelque mérite, qu'elle aurait eu avant la chair.
4° L'âme répare par la chair son ancien état, et renaît par la même chair, par laquelle elle avait mérité d'être corrompue.
o" L'àme a mérité d'être pécheresse avant tout péché.
6" Les enfants, prévenus par la mort, avant d'être baptisés, peuvent obtenir la rémission du péché originel.