Ibid. ibid
DE LA FIN DE l'aME. 22o
même en est l'àmc, ne s'abandonne pas elle-même. L'ame ne meurt pas ' !
Troisièmement, si la mort de l'âme ne peut être le résultat de sa sortie du corps, l'âme ne peut-elle pas cesser d'être, en suite même de sa nature périssable?
C'est dans la réponse à cette objection qu'Augustin fait consister la preuve la plus forte, ou du moins sa preuve préférée de l'immortalité de l'âme. Quelques mots suffisent à la résumer. L'âme est le lieu, le sujet de la science. Or la science est éternelle, impérissable-, donc le sujet de la science, ou l'âme ne saurait périr. Mais il faut reproduire quelques-uns des développements animés que donne, à ce sujet, Augustin, au second livre de ses Soliloques.
«Augustin. — De cela même que l'âme périt, je dis qu'il peut se faire qu'elle ne soit pas. Et je ne suis guère ramené de cette opinion par ce qu'ont affirmé de grands philosophes, à savoir que ce qui, partout où il se rencontre, apporte la vie, ne peut en soi admettre la mort. . . 0 souverainement heureux , ceux qui se sont persuadé ou qui se sont laissé persuader que la mort n'est point à craindre, quoique l'âme périsse! Pour moi, infortuné, ni raisonnement, ni livres, n'ont été capables de m'apporter une semblable conviction.
La Raison. — Cesse de gémir, l'âme humaine est immortelle. Et la preuve en est décisive. Considère dans un sujet quelconque , un attribut quelconque; si cet attribut subsiste toujours, il faut nécessairement que le sujet subsiste aussi. Or, toute science est dans l'âme