Soliloqniormn lib. ll,cap. xiii
DE LA FIN DK l'aME. 227
sont dans une âme ignorante? Car nous ne pouvons plus l'appeler mortelle ^ »
Telle est la preuve par excellence de l'immortalité de r.lme, que développe saint Augustin. C'est encore cette même preuve qu'il reprend dans le traité qu'il a spécialement consacré à établir que l'âme est immortelle.
« La première raison qui démontre que l'âme est immortelle, c'est qu'elle est le sujet de la science qui est toujours; c'est qu'elle est le sujet de la raison qui ne change pas. L'âme est une vive et immuable substance, ou du moins pour être changeante d'une certaine manière, elle ne devient pas, à cause de cela, mortelle. — On ne saurait séparer de l'âme elle-même la raison qui est immuable; que la raison soit dans l'âme, qu'elle soit avec l'âme, ou que l'âme soit dans la raison^.))
De cette troisième preuve, Augustin en déduit une quatrième.
Ce qui assure la permanence de l'âme, c'est la permanence de la vérité. Or, s'il en est ainsi, la vie de l'âme n'est-elle point menacée par les envahissements de l'erreur? En aucune façon, répond Augustin. L'âme ne périt point par l'erreur, laquelle est contraire à la vérité, quoique la vérité soit la cause de l'âme ^. La vérité, en tant que vérité, n'a rien qui soit contraire à son essence. Le contraire serait le néant, et l'âme, alors