DeCivitate Dei, lib, XXll, cap. xxix, xxx
gnent qu'au sortir du corps elles vont dans les régions supérieures des cieux, et que là, après s'être reposées dans les étoiles, dans les corps lunn'neux, dans les profondeurs des espaces éthérés, elles oublient toutes leurs anciennes misères et s'éprennent du désir de retourner dans des corps, et de venir de nouveau endurer ces maux. Par conséquent, entre les âmes des pécheurs et les âmes des justes, ils n'admettent qu'une différence : c'est que les âmes des pécheurs ne sont pas plutùt sorties de leurs corps, qu'elles retournent dans d'autres corps, tandis que les âmes des justes restent longtemps en repos, mais non pas toujours. Car elles s'éprennent de nouveau du désir des corps, et du plus haut des cieux, après un si long exercice de la justice, elles se précipitent dans un abîme de maux. Voilà pourtant ce qu'ont affirmé de très-grands philosophes. Et ils n'ont pu aller au delà, les philosophes de ce monde, dont il est dit dans l'Écriture : « que Dieu a changé en folie la sagesse de ce monde'. ))
Aussi bien, admettons ces hypothèses gratuites, arbitraires, bizarres. Admettrons-nous également les contradictions qu'elles impKquent?
(( Eh quoi! les âmes des justes trouvent plaisir à rentrer dans un corps, et elles y reviennent pour souffrir de nouveau toute espèce de maux, pour endurer toute sorte de misères, pour oublier Dieu, pour blasphémer Dieu, pour céder aux voluptés du corps, pour combattre contre les passions? C'est pour être en proie à de telles calamités qu'elles reviennent, qu'elles quit-