‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 161 sur 318 · De Quant iiate Anims, cap. xxxiv, xxxv · texte numérisé non relu

De Quant iiate Anims, cap. xxxiv, xxxv

DE LA FIN DE l'aME. 247

perdras rien ; tes membres morts reprendront leur vigueur, tes langueurs se guériront, tes pensées changeantes seront réformées, renouvelées, rattachées à toi; elles ne t'entraîneront pas dans le courant qui les entraîne ; elles seront fixées en toi et y demeureront avec l'appui du Dieu éternellement immuable'. »

Enfin, comment ne pas rappeler ce suprême entretien, où le fils de Monique a traduit si éloquemment, avec ses propres pensées sur la vie future, les sublimes aspirations de la sainte qui allait le quitter?

c( Cependant le jour approchait où ma mère devait passer à une meilleure vie ; et ce jour vous était connu. Seigneur, encore que nous l'ignorassions. Or,'iI arriva, je crois, par la secrète conduite de votre sagesse, que nous nous trouvâmes seuls, elle et moi, appuyés sur une fenêtre d'où on apercevait le jardin de la maison où nous logions. C'était à Ostie, près de l'embouchure du Tibre, et là, loin du bruit de la foule, nous reposant des fatigues d'un long voyage, nous nous préparions à nous embarquer.

Étant donc seuls , nous nous entretenions avec ime extrême douceur ; et oubliant le passé pour ne plus penser qu'à l'avenir, nous agitions en votre présence, Seigneur, qui êtes Timmuable -vérité , quelle sera l'éternelle vie des bienheureux, cette vie que nul œil n'a jamais vue, que nulle oreille n'a jamais entendue, et que l'esprit de l'ho'mme n'a jamais comprise : et les bouches de nos cœurs s'ouvraient avec avidité Ters les célestes eaux de votre source sacrée ; de cette

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