De Ânimn et ejiis ori(j\ne ^ lib. IV, cap. x
i)i: LA FIN iiE l'ame. 251
dans les tourments du supplice éternel '. Les peines et les péchés, effectivement, ne se mesurent point par le temps, mais par la nature de la volonté. Les peines du péché sont éternelles, parce que comme le pécheur aurait voulu jouir éternellement du plaisir, il est juste qu'il soit puni éternellement'-^. L'ame damnée, c'est-àdire l'âme frappée de la seconde mort^, n'en doit pas moins être reconnaissante envers Dieu ; car elle est, et l'être, en tout cas, vaut mieux que le néant.
Par conséquent, en résumé. Dieu a fait l'homme à son image. Car il lui a donné une âme douée de raison et d'intelligence, qui l'élève au-dessus de toutes les hêtes de la terre, de l'air et des eaux^. Il faut donc que l'âme, détachant ses regards des choses corporelles, les tourne vers Tintuition rationnelle, pour delà s'élever à l'intuition de Dieu, qui est notre fin.
Rapprochés de Dieu, sans être confondus avec Dieu, nous goûterons en Dieu, qui se communique sans se partager, une félicité immuable comme Dieu lui-même.
Mélange de mouvement et de repos, accompagnée de souvenir, mais non pas troublée par le souvenir, proportioimée à la capacité des âmes, cette félicité ineffable nous rendra tout clair et nous manifestera Dieu tel qu'il est.
Sans doute, il ne suffît point à l'âme d'avoir déposé dans la mort, la chair dont elle était revêtue, pour jouir de la vue béatifique de Dieu, comme les Anges. Mais ce