‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 165 sur 318 · I. DE L'EXISTENCE DE DIEU · texte numérisé non relu

I. DE L'EXISTENCE DE DIEU

La connaissance de l'âme nous conduit nécessairement à la connaissance de Dieu. II suffit même d'affirmer l'être pour nécessairement affirmer Dieu. C'est pourquoi l'athéisme est une espèce de folie. Il y a plus, c'est une folie rare. Car il est comme impossible à l'homme de faire usage de sa pensée , de considérer ce qui l'entoure et lui-même, sans reconnaître immédiatement qu'il existe un Dieu.

(( Que l'esprit parcoure du regard l'univers des créatures, et de toutes parts la créature lui criera : c'est Dieu qui m'a fait. Tout ce qui nous charme dans les arts devient pour l'artiste un sujet de louanges ; à plus forte raison si vous parcourez l'univers trouverez-vous, dans le spectacle qu'il vous offrira, un motif de louer celui qui en est l'auteur. Yous voyez les cieux, ils sont l'ouvrage admirable de Dieu. Yous voyez la terre, c'est Dieu qui a fait les nombres des semences, les variétés des genres, la multitude des animaux. Des cieux jusqu'à la terre, ne laissez rien d'inexploré. Toutes choses, de tous côtés, parlent de celui qui les a faites, (t les

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formes mêmes des créatures ^ont comme autant de voix qui louent le Créateur K »

Oui, c( interrogez la beauté de la terre, interrogez la beauté de la mer, interrogez la beauté de l'air partout répandu, interrogez la beauté du ciel, interrogez Tordre des astres, interrogez le soleil dont la lumièi'e produit les clartés du jour, interrogez la lune, dont la douce • ueur tempère les ténèbres de la nuit qui succède au jour, interrogez les animaux qui se meuvent dans les eaux, qui séjournent sur la terre, qui volent dans l'air ; les âmes cachées, les corps qui paraissent; les êtres visibles qui sont gouvernés, les êtres invisibles qui gouvernent; interrogez ces choses, et ces choses vous répondent : voyez, nous sommes belles! Leur beauté, voilà ce qu'elles proclament. Qui a fait ces beautés changeantes, sinon une immuable beauté? Les philosophes en sont ensuite venus à l'homme, afin de pouvoir entendre et connaître Dieu créateur de l'univers; et dans Fhomme, ils ont interrogé à la fois le corps et l'âme. Us interrogeaient ce qu'ils portaient en eux-mêmes; ils voyaient le corps, ils ne voyaient pas l'âme. Et cependant ils ne voyaient le corps que par l'âme. Car ils le voyaient par les yeux, mais c'était au dedans que se trouvait celui qui regardait comme par des fenêtres. Que l'habitant se retire, la maison tombe en ruines ^ que celui qui gouvernait se retire, ce qui était gouverné tombe, et par cela même qu'il tombe, on l'appelle un cadavre. Les yeuk ne sont-ils pas intacts? Quoiqu'ils soient

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