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DE l'eXISTENXE I>E DIEU. 255
tout ouverts, ils ne voient pas. Les oreilles sont là, mais celui qui entendait s'en est allé; l'organe de la langue subsiste, mais le musicien qui le mettait en mouvement s'est retiré. Les philosophes ont donc interrogé à la fois et le corps qui se voit, et l'âme qui ne se voit pas; et ils ont trouvé meilleur ce qui ne se voit pas que ce qui se voit; meilleure l'âme qui est cachée, et moins bonne la chair qui est apparente. Ils ont vu ces choses, ils les ont considérées, ils les ont discutées, et ils ont trouvé que dans l'homme même l'âme et le corps étaient changeants. Le corps change par l'âge, par la corruption, ^ar les iiliments, par ce qu'il reçoit, par ce qu'il perd, par la vie, par la mort. Les philosophes sont passés à l'âme, qu'ils avaient cdmpris être meilleure, et qu'ils admiraient quoique invisible; ils ont trouvé qu'elle aussi était changeante; tantôt elle veut, tantôt elle ne veut pas, tantôt elle sait, tantôt elle ignore, tantôt elle se souvient, tantôt elle oublie, tantôt elle craint, tantôt elle ose; tantôt elle s'élève à la sagesse, tantôt elle se laisse aller à la folie. Ils ont vu que Tâme elle-même était changeante; ils ont passé au delà, car ils ont cherché quelque chose d'immuable. C'est ainsi qu'ils sont parvenus à connaître Dieu qui a fait ces choses, par les choses qu'il a faites'. »
Aussi bien, comment concevoir même l'être, sans reconnaître en même temps l'être de Dieu? c< Je ne serais point, ô mon Dieu, je ne serais pas du tout si vous n'étiez en moi, ou plutôt si je n'étais en vous, en vous de qui tout vient, par qui tout subsiste, en qui tout est '^.))