‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 187 sur 318 · De Trinitate , lib. V, cap. i et ii · texte numérisé non relu

De Trinitate , lib. V, cap. i et ii

qu'on peut convenablement rapporter à Dieu. Mais il n^'est pas permis de dire que Dieu subsiste en tant que sujet de sa bonté, et que cette bouté ne soit pas substance ou plutôt essence, et que Dieu lui-même ne soit pas sa bonté, mais que sa bonté soit en lui comme dans un sujet. Aussi, est-il manifeste que c'est abusivement que Dieu est appelé substance ; sous cette expression plus fréquemment employée, il faut entendre ridée d'essence , seule notion qui convienne exactement et vraiment à Dieu, si bien que Dieu seul doive être dit essence ^ »

Toutefois^ nous n'avons pas épuisé la détermination qu'a faite Augustin des attributs de Dieu, et il est nécessaire d'en venir aux termes encore plus précis, où l'a conduit l'application de sa méthode.

En somme, et d'une manière corrélative à la division de la philosophie adoptée de son temps en morale, physique, logique, Augustin professe que la notion de Dieu se révèle à nous, moralement comme souverain bien , logiquement comme base de certitude, physiquement comme principe des choses. En d'autres termes. Dieu est le bien ; Dieu e^t la vérité ; Dieu est le principe des êtres, le principe des formes, le principe de toute beauté.

Dieu est le bien.

(( Le suprême bien au-dessus duquel il n'y en a pas dVautre, c'est Dieu ; et ainsi Dieu est le bien immuable, c'est-à-dire vr^aiment éternel et vraiment immortel. Tous

1. De Trinitate , lib. VII, cap. v. « Unde mauifestum est Dcum abusive substantiam vocari , ul i}omine usitatiore intelligatur essenlia, quod vere ac propric dicitur : ita ut fortaste solum Dcum dici oportoat essentiam. »

les autres biens ne sont que par lui, quoiqu'ils ne soient rien de lui. Car ce qui est de lui, c'est lui-même; mais les choses qui ont été faites par lui ne sont pas lui *.))(( Ainsi toute vie et grande et petite, toute douceur et grande et petite, toute mesure et grande et petite, tout entendement et grand et petit, toute faculté et grande et petite, tout sens et grand et petit, toute lumière et grande et petite, toute puissance et grande et petite, tout salut et grand et petit, toute vertu et grande et petite, toute beauté et grande et petite, toute paix et grande et petite, et tout ce qu'on peut imaginer de semblable, et particulièrement dans tous les êtres, soit spirituels, soit corporels, tout ce qui s'appelle mesure, forme, ordre, grand ou petit, tous ces biens viennent du Seigneur Dieu^. » Et Dieu est au-dessus de tous ces biens, a Écartons ce bien et encore cet autre bien, et voyez, si vous pouvez, ce qu'est le bien en lui-même; de la sorte vous verrez Dieu, qui n'est pas bien par un autre bien, mais qui est le bien de tout bien. En effet, nous ne dirions point , en faisant une exacte comparaison de tous les biens que j'ai rappelés ou que l'on peut découvrir ailleurs ou imaginer, que tel bien est meilleur que tel autre, si nous ne portions imprimée dans nos âmes la notion du bien lui-même, d'après laquelle nous apprécions les biens et les préférons les uns aux autres ^.. )) En d'autres termes, « il n'y aurait pas de biens changeants , s'il n'y avait un bien immuable. C'est pourquoi, quand il est question de tel

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