Djn Civiiate Dei , lib. XII, cap. xviii
pourquoi, il y a une seule et immuable substance ou essence, qui est Dieu, à qui il appartient de tous points et en toute vérité de dire qu'elle est, d'où elle se nomme essence. Car ce qui est changé, ne conserve pas son être; et ce qui peut être changé, quoiqu'il ne soit pas changé, peut ne pas être ce qu'il a été. Cela seul donc qui non-seulement n'est pas changé, mais qui ne peut absolument pas être changé, peut être sans scrupule et en toute vérité être dit être *. »
A ce compte, qui ne voit que l'unique dénomination qui convienne à Dieu est celle d'essence, et que ce n'est qu'improprement qu'on l'appelle substance?
« On entend bien ce que c'est que substance dans les choses où se trouvent des propriétés qui supposent un sujet, comme dans un corps la forme ou la couleur. Le corps en effet subsiste, et ainsi est substance, tandis que les propriétés qui subsistent dans le corps comme dans leur sujet, ne sont pas des substances, mais dans la substance. Et en conséquence, ôtez cette couleur, cette forme, vous n'ôtez pas au corps l'être du corps, parce que ce qui constitue le corps, ce n'est point d'avoir telle forme ou telle couleur. Les choses changeantes et composées sont donc proprement dites des substances. Or, si Dieu subsiste de telle sorte qu'on puisse dire proprement qu'il est substance, il y a en lui quelque chose qui s'y trouve comme dans un sujet et il n'est pas simple. Car on distingue dès lors ses manières d'être, telles que la grandeur , la toute-puissance, la bonté, et tous autres attributs de cette sorte