‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 214 sur 318 · Voy. ci-après , II. Vu Temps et des Créatures · texte numérisé non relu

Voy. ci-après , II. Vu Temps et des Créatures

4. Retract. \\h. 1, cap. xi. Cf. De Civitate Dei. lib. X, cap. xxix.

ItE LA CRÉATION. 323

Quoi qu'il en soit, c'est Dieu qui a ordonné toutes choses, qui a fait toutes choses, qui a créé toute espèce d'êtres. « Aux uns il a donné le sentiment, et l'intelligence et l'immortalité, comme aux anges ; aux autres il a donné le sentiment et l'intelligence avec la mortahté, comme aux hommes; à ceux-ci il a donné la sensation, mais il a refusé l'intelligence et l'immortalité comme aux bétes ; à ceux-là il n'a accordé ni sensibiUté, ni intelligence, ni immortalité, comme aux herbes, aux bois, aux pierres. Et cependant ces dernières créatures ne peuvent pas manquer dans leur genre. Dieu en effet a ordonné la création comme par degrés depuis la terre jusqu'au ciel, depuis les choses visibles jusqu'aux invisibles, depuis les êtres mortels jusqu'aux immortels. Or, cette contexturede la création, cette beauté si bien ordonnée, qui monte du plus bas au plus haut degré et qui descend du plus haut degré au plus bas, qui nulle part n'est interrompue, mais tempérée par la dissemblance même des éléments qui la composent, la création tout entière loue Dieu. Et pourquoi tout entière loue-t-elle Dieu ? Parce que lorsque l'homme la considère et qu'il la voit belle, il loue Dieu en elle. Oui, la terre muette a une voix, la terre a un visage. Yous voyez, vous considérez l'aspect de la terre, vous voyez sa fécondité, vous voyez ses forces, en quelle manière elle conçoit les semences qu'on lui confie, comment le plus souvent elle porte spontanément des fruits; vous voyez. toutes ces choses et en les considérant vous interrogez la terre ; et votre examen lui-même est une question. Mais cette force que vous constatez, cette beauté qui excite votre admiration, cette merveilleuse

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fécondité, il ne vous semble pas que la terre puisse ravoir en elle et d'elle-même ; aussitôt il vous vient à l'esprit qu'elle n'a pu être d'elle-même, qu'elle n'a pu être que par le Créateur. Et il y a là comme une invitation de la terre, à ce que vous louiez le Créateur. En un mot, ne suffit-il pas de contempler la beauté de l'univers, pour que par sa beauté même , comme tout d'une voix, l'univers réponde : Je ne me suis pas fait, mais c'est Dieu qui m'a fait * ? »

Évidemment, on ne peut raisonnablement soutenir comme le prétendent quelques-uns, que les hommes ont toujours existé aussi bien que le monde, ce qui a fait dire à Apulée : « Chaque homme est mortel, pris en particulier, mais les hommes pris ensemble sont immortels [De Dco Socratis'^).y) Il n'y a pas à s'attacher davantage à l'opinion de ceux « qui, ne croyant pas ce monde éternel, admettent soit des mondes innombrables, soit un seul monde qui meurt et naît une infinité de fois par de certaines révolutions de siècles ^ Car comme ils estiment que le monde même renaît de sa propre matière , ils sont obligés de soutenir que le genre humain sort d'abord du sein des éléments et se multiplie ensuite comme les autres animoux par la voie de la génération ^. )) Augustin affirme séparément

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