De Libero Arùilrio, îib. 1, oap. li
sont pas, puisqu'elles ne sont pas ce qu'est Dieu. Car cela seul est véritablement qui est immuable ^ »
C'est donc se tromper grossièrement que de faire de Dieu l'âme du monde ^.
Mais Augustin ne confond pas avec ce système insupportable, la doctrine de ceux qui considèrent le monde comme un animal ^
c( Platon, et à sa suite , nombre de philosophes, ont affirme que ce monde est un animal. C'est une assertion que ma raison n'a pu vérifier avec certitude, non plus que je n'ai rien trouvé dans l'autorité des divines Ecritures qui pût me la persuader. — Je n'affirme donc pas qu'il soit faux, mais je déclare ne point comprendre qu'il soit vrai que le monde soit un animal. Ce que l'on doit, en tout cas, tenir d'une manière inébranlable, c'est que pour nous Dieu ce n'est pas ce monde, soit que ce monde ait une âme, soit qu'il n'en ait pas. Si, en L'iTet, il a une âme, celui qui Ta faite est notre Dieu ; et s'il n'en a pas, où trouver dans un tel monde un Dieu quelconque, encore bien moins notre Dieu? Il y a toutefois parfaite raison de croire qu'alors même que lo monde n'est pas un animal, il subsiste dans le monde une force spirituelle et vitale, laquelle sert à Dieu dans les saints anges, qui ne la comprennent pas, à orner et à administrer le monde. Et par saints anges il faut entendre toute sainte créature spirituelle constituée dans le secret et caché ministère de Dieu ^ )>