De Civiiate Dei , lib. XII, cap. xxv
vous-même, ô mon Dieu, si ces choses ou n'existaient absolument pas, ou demeuraient informes, ces choses que vous n'avez pas faites par besoin, mais dans la plénitude de votre bonté, et que vous avez ramenées à des formes déterminées, sans que votre joie soit augmentée par elles? Etant parfait, vous ne pouvez aimer leur imperfection ; et vous voulez les rendre parfaites parce qu'elles vous plaisent ; mais non pas comme si étant imparfait vous-même, vous aviez besoin de leur perfection pour devenir parfait. Car «votre Esprit-Saint était porté sur les eaux, » et non point par elles, comme s'il s'y fût reposé ; c'est lui qui fait reposer en soi ceux dans lesquels il se repose. Ainsi votre volonté incorruptible et immuable qui se suffit à elle-même était suspendue au-dessus de cette vie que vous avez faite, et pour laquelle vivre n'est pas la même chose que vivre heureuse ; car même en flottant dans son obscurité, elle vit encore : mais il lui manque de se tourner vers celui qui l'a faite, et de puiser de plus en plus à la source de votre vie, de voir à votre lumière , d'en être rendue parfaite, éclatante et heureuse ^ »
Sans doute aussi. Dieu étant parfait ne peut faire que ce qu'il fait^. Mais c'est là simplement une nécessité morale ou de convenance, et nullement une nécessité géométrique.
Si donc Dieu a créé le monde, ce n'est pas qu'il en eût besoin ; ce n'est pas davantage qu'il y lût nécessité; c'est qu'il a trouvé bon de le créer. Et s'il l'a trouvé
J. Confessionum lib.XlII, cap. iv.