Ibid. lib. XVI, cap. viii
4. Ibid. lib. XVI, cap. ix. On peut rapprocher de ces erreurs celle que commet Augustin sur la salamandre [De Civitate Dei, lib. XXI, cap. iv), sur la composition du diamant {ibid., ibid.), etc.
tance : car le monde serait alors égal à votre Fils unique, et par là égal à vous-même. Or, il est évident qu'une chose qui n'est pas en vous ne peut être votre égale. Et, d'autre part, il n'y avait rien hors de vous, dont vous pussiez faire quelque chose, ô Trinité une, ô triple unité! C'est pourquoi, vous avez fait de rien le ciel et la terre, œuvre à la fois si grande et si petite; car vous seul, Dieu tout-puissant et tout bon, vous étiez là pour faire ces choses bonnes, et le ciel si grand et la terre si petite. Vous étiez seul, et rien n'était avec vous; et c'est de rien que vous avez fait le ciel et la terre : le ciel, plus près de vous, la terre, plus près de rien; l'un auquel vous étiez seul supérieur, l'autre qui n'avait rien audessous d'elle ^ »
Il est vrai que, pour Augustin, la création semble avoir eu deux moments bien distincts. Dieu, en quelque façon, a d'abord créé le ciel du ciel et la matière informe; puis, de cette matière informe il a tiré les formes des choses, a II y avait aussi un ciel que vous aviez créé avant les jours, c'était le ciel du cieP. Ce ciel du ciel que vous avez fait dans le principe est une sorte de créature intelligente, qui, sans être coéternelle à vous, ô Trinité ! participe toutefois à votre éternité, qui enchaîne sa mobiUté dans la douceur de votre bienheureuse contemplation, et, attachée à vous depuis qu'elle est faite, sans avoir subi aucune défaillance, demeure au-dessus du mouvement et de la vicissitude des temps ^. » —