‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 236 sur 318 · De Genesi ad Litteram , lib. VIÎ , cap. xxi · texte numérisé non relu

De Genesi ad Litteram , lib. VIÎ , cap. xxi

372 ciiAriMŒ IV.

Ces questions peuvent s'adter, mais sont insolubles. 11 est impossible de dire quelle aurait été cette matière de l'âme \

Ce qui reste de tous points indubitable, c'est que s'il y a eu quelque chose avant Tàme, cela même a été fait par Dieu , et que c'est Dieu aussi qui a fait que cela fût ensuite une âme vivante^.

Mais il ne suffit point de savoir que le monde, que l'homme, que les corps ont été créés. Il faut se demander, en outre, si cette création a été intensive ou extensive; si elle a été produite dans sa plénitude actuelle, ou dans la puissance de ses développements ultérieurs, a C'est à bon droit qu'on s'interroge sur la nature des raisons causa triées, que Dieu a déposées dans le monde, lorsqu'à l'origine il a tout à la fois créé toutes choses. Ces raisons ont-elles été instituées par lui de manière que, suivant la diversité de leurs espèces, elles se développassent diversement dans le temps, à peu près comme nous voyons les fruits et les animaux offrir, chacun selon sa conformation, une série d'accroissements? Ou bien ont-elles été établies tout de suite telles qu'elles devaient être, à peu près comme nous croyons qu'Adam fut créé dans la virilité et sans avoir passé par les progrès successifs des âges précédents? Pourquoi ne concilierions-nous pas ces deux opinions de façon que dans le passé nous apparût la raison de l'avenir voulu de Dieu ^ ? »

« A l'origine et primordialement, toutes choses ont

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