Ibid., lil». V, cap. xxi
« Les mauvais cœurs, en effet, c'est-à-dire les cœurs dépravés, s'attachent à Tune de ces trois erreurs. Ou bien ils soutiennent que Dieu n'est pas.,., et les philosophes n'ont pas manqué qui ont nié qu'il existât un Dieu, Providence et Créateur de toutes choses, tandis qu'ils reconnaissent un grand nombre de dieux occupés d'eux-mêmes, mais non du monde. Ainsi, ou bien ils soutiennent que Dieu n'est pas ; c'est ce que dit l'impie, dont les événements contrarient la volonté et favorisent autrui à qui il se préfère. Ou bien ils soutiennent que Dieu est injuste, qui a trouvé bons ces événements et qui les a produits. Ou bien ils soutiennent que Dieu ne gouverne pas les choses humaines et ne prend pas soin de tout l'univers. C'est une grande impiété que de défendre l'une de ces trois erreurs, ou de nier Dieu, ou de l'accuser d'injustice, ou de lui enlever le gouvernement du mondée »
Or, que les disputeurs « veuillent bien considérer l'ordre qui, dans les membres d'un animal quelconque, éclate, je ne dirai pas aux yeux d'un médecin, qui, par la nécessité de son art, s'est appliqué à pénétrer tous les ressorts de cette machine, mais aux regards de l'homme le plus médiocre d'esprit et de cœur. Pourrontils ne pas s'écrier qu'il n'y a' pas un instant où ne se manifeste dans cet organisme le gouvernement de Dieu, de qui vient tout nombre, tout poids et toute mesure ? Qu'y a-t-il, par conséquent, de plus absurde, de plus insensé, que de supposer soustrait à l'action de la Providence cet univers matériel tout entier, lorsqu'à y regar-