‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 244 sur 318 · De Civiiatc Dei , lib. V , cap. XI · texte numérisé non relu

De Civiiatc Dei , lib. V , cap. XI

de la suprême Providence; rien qui ne soit ordonné par elle, ou permis selon l'ineffable justice avec laquelle elle distribue les récompenses et les peines, dans cette vaste et pour ainsi dire immense république de toutes les créatures ^ »

Universelle, toujours active, présente à tout, la divine Providence gouverne le monde par des lois particulières tout ensemble et par des lois générales. «Elle veille sur chacun de nous, comme s'il était seul, et sur tous, avec autant de soin que sur chacune y)

De ce gouvernement de la Providence résulte dans toutes choses la loi, et des lois des choses naît l'ordre universel.

Augustin, cédant à son imagination charmante, vérifie cette proposition capitale par les détails les plus familiers. C'est ainsi qu'il rappelle le combat de deux coqs , dont il s'était plu à être le spectateur.

« On voyait les têtes de ces deux coqs se dresser et se roidir, leurs crêtes se gonfler, leurs coups devenir pressants, en même temps qu'ils cherchaient à les éviter l'un l'autre avec des précautions infinies. Et il n'y avait rien eu tout cela, rien dans tous les mouvements de ces animaux dépourvus de raison, qui ne marquât de la convenance. Car cette convenance venait d'une autre raison qui donne à toute chose sa mesure. Tout annonçait le vainqueur; son chant superbe, son corps ramassé et tournoyant exprimaient le faste de la

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