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DE LA PROVIUENCK. 389
A rencontre de ces principes qu'Augustin énonce résolument, s'élève l'opposition formidable que constitue le Manichéisme.
N'entrons pas dans la réfutation que l'évêque d'Hippone a cru devoir faire des imaginations bizarres qui encombrent la doctrine des Manichéens ^ Tenons-nous en à la discussion qu'il établit à propos de leur définition du mal.
« Lorsqu'on cherche d'où vient le mal, il faut d'abor chercher ce qu'est le mal ^? »
Les Manichéens diront-ils que le mal, c'est ce qui nuit? A la bonne heure. Mais prenez garde, ils admettent deux natures, deux royaumes : un royaume de la lumière et un royaume des ténèbres... Si nuire, c'est priver de quelque bien, on ne conçoit pas qu'on puisse nuire au royaume des ténèbres, parce que là il n'y a rien de bon; et quant au royaume de la lumière , il ne se peut pas qu'on lui nuise, parce qu'il est inviolable. A quoi nuira donc ce qu'on appelle le mal?
Les Manichéens définiront-ils le mal une corruption? Comment nier que la corruption ne soit un mal général? Car la corruption est contre nature, la corruption est ce qui nuit. Néanmoins, la corruption n'est pas en elle-même, mais dans quelque substance qu'elle corrompt; la corruption, en effet, n'est pas elle-même une substance. La chose donc, qui est corrompue, n'est pas une corruption, n'est pas un maP.
1. De Moribus Manichxorum, lib. II, cap. xvi. Apcrit portenlosa Mcmichxorum mystei'ia.