De Moribus M-iniclixonuii, liL. Il, ca[i. v
Qu'on interroge les Manichéens tant qu'on voudra sur la nature du mal. Ils répondront toujours que c'est ce qui est contre nature, ou ce qui nuit, ou la corruption, soit d'un mode, soit d'une forme, soit d'un ordre naturel.
Que résulte-t-il de là? Qu'on appelle mauvaise la nature qui est corrompue ; caria nature non corrompue est bonne apparemment. Mais il y a plus; la nature même corrompue, en tant qu'elle est nature, est bonne, et ce n'est qu'en tant qu'elle est corrompue, qu'elle est mauvaise ^.
Effectivement, tout ce qui est, est bon à quelque degré. Ainsi le mal n'est pas une substance, mais un défaut ennemi de la substance [?ion substantia ulla, sed substantiœ inimica incoiivenientiaY . Car si le mal était une substance, il serait bon. Ou il serait une substance incorruptible, et par conséquent un très-grand bien ; ou une substance corruptible , qui ne pourrait se corrompre, si elle n'était bonne ^.
Augustin le répète avec insistance. « Toutes les natures, dès lors qu'elles sont, ont leur mode, leur espèce, leur harmonie intérieure, et partant sont bonnes. Et comme elles sont placées au rang qui leur convient selon l'ordre de leur nature, elles s'y maintiennent. Celles qui n'ont pas reçu un être permanent sont changées en mieux ou en pis, selon le besoin et le mouvement des natures supérieures oii les absorbe la loi du Créateur,
J . De yatura Boni, cap. m.