De Libero ArOilrio, lib. III , cai). xiii
parle d'une nature corruptible, il n'y a pas là un seul mot, mais deux mots. De même, lorsqu'on dit, Dieu a fait de rien, nous n'entendons pas un seul mot, mais deux mots. Conservons à chacun de ces mots le sens qu'il doit avoir. Lorsqu'il s'agit de la nature, elle appartient à Dieu; lorsqu'il s'agit de la corruption, elle appartient au néant^ quoique les corruptions mêmes, encore qu'elles ne procèdent pas de Dieu, soient disposées par sa toute-puissance, suivant l'ordre des choses et les mérites des âmes \ Certes, les choses que Dieu a faites, quoiqu'elles soient bonnes, ne sont pas aussi bonnes que celui qui les a faites, lequel est le souverain bien. Mais qui serait assez insensé pour exiger que les ouvrages égalassent l'ouvrier et les créatures le Créateur? 0 âme ! s'écrie Augustin, âme raisonnable, souffre donc d'être un peu moins que Dieu, puisqu'aussi bien, après Dieu, il n'y a rien de meilleur que toi ^ D'un autre côté, comment celui qui est pour tout ce qui est, la cause d'être, pourrait-il être la cause du non-être, c'est-à-dire du manque d'être et de la tendance au non-être? Dieu n'est point l'auteur du défaut d'être, parce qu'il est l'auteur de l'existence, et, pour ainsi dire, de l'essence^. » Parle-t-on de ce défaut d'être, qui est le péché? En tant que défaut, le péché ne peut être rapporté à Dieu. Ce défaut, en tant que volontaire, dépend de notre pouvoir ^ Dieu d'ailleurs qui a fait toutes les natures, n"a pas fait seulement celles qui persisteront dans la vertu