‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 256 sur 318 · Encliiridiuii , cap. xi · texte numérisé non relu

Encliiridiuii , cap. xi

Providence, et il lui suffit de la beauté des fleurs et des feuilles pour prouver cette Providence dont la beauté est intelligible et ineffable, qui descend des hauteurs de la majesté divine jusqu'aux choses de la terre les plus viles et les plus basses, puisque, en effets ces créatures si frêles et qui passent si vite n'auraient point leur beauté et leurs harmonieuses proportions, si elles n'étaient formées par un être toujours subsistant qui enveloppe tout dans sa forme intelligible et immuable*, yy

Augustin se range complètement à l'avis de Plotin. 11 combat avec un langage véhément à la fois et ingénieux le sentiment de ceux qui trouvant plusieurs choses à reprendre dans cet univers, ouvrage excellent d'un excellent créateur , croient à l'existence d'une mauvaise nature. C'est-à-dire qu'ici encore il réfute la doctrine des Manichéens. « On ne veut considérer que les misères de notre corps, devenu mortel et fragile en punition du péché et exposé ici-bas aune foule d'accidents contraires, comme le feu, le froid, les bêtes farouches et autres choses semblables. On ne remarque pas combien ces choses sont excellentes dans leur essence et dans la place qu'elles occupent, avec quel art admirable elles sont ordonnées, à quel point elles contribuent chacune à la beauté de l'univers, et quels avantages elles nous apportent quand nous savons en bien user, en sorte que les poisons mêmes deviennent des remèdes, étant employés à propos, et qu'au contraire, les choses qui nous flattent le plus, comme la lumière, le boire et le manger, sont nuisibles par l'abus qu'on en fciit. La divine Pro-

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