Ibid., cap. xi
profondeurs de l'ame où elles apparaissent avec un(î \ive lumière, reconnaîtra pour vraies ces deux définitions de la volonté et du péché, y trouvera une raison sommaire, mais inviolable et décisive, de condamner sans hésitation toute l'hérésie des Manichéens'. »
(( Il est si incontestable que le péché est un mal qui vient de la volonté, qu'il n'y a aucunement péché, là où il n'y a pas volonté... De toute nécessité, il faut nier qu'il y ait péché, ou avouer qu'il est le fruit de la volonté'^. » Réciproquement, (( celui-là n'est digne ni de supplice, ni de blâme, qui veut ce que la justice ne défend pas de vouloir, ou qui ne fait pas ce qu'il ne peut pas faire. Yoilà une vérité pour l'éclaircissement de laquelle on n'a aucun besoin d'approfondir les raisonnements des Hvres. C'est ce que les pasteurs célèbrent sur les montagnes, les poètes sur les théâtres, les ignorants dans leurs assemblées , les savants dans les bibliothèques, les maîtres dans les écoles, les évêques dans les lieux sacrés, et ce que le genre humain annonce dans tout l'univers ^ »
Et Augustin développe avec complaisance les deux preuves de la hberté qui se tirent : l"" du sentiment intérieur que nous en avons; 2*^ des absurdités qui suivraient^ si nous venions à nier le libre arbitre. Effectivement, qu'on imagine telle hypothèse que l'on voudra. L'expérience de chaque jour, aussi bien que la conscience, témoigne que l'homme est libre et que du mauvais usage de la liberté, vient le péché.