‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 277 sur 318 · DeDuabas Anbnabiis, elc, cap. xi · texte numérisé non relu

DeDuabas Anbnabiis, elc, cap. xi

''l22 CHAPITRE V.

c( Supposez un homme, qui, dans une intention de tromperie, sachant quel usage un autre homme fera de sa main pendant son sommeil, s'est endormi à dessein et a même bu plus qu'à l'ordinaire, afin de ne pas s'éveiller ; pensez-vous que son sommeil lui doive être une preuve d'innocence?... Ou encore, que cet homme, trompant un autre homme par un semblant de défense, se laisse volontairement charger de chaînes; accordera-t-on que ces hens empêchent sa culpabilité?... Comment douter, au contraire, que dans les deux cas cet homme ne soit justement réputé coupable? Cela suffit pour soutenir que c'est dans la volonté que gît le péché. Et c'est ce qui se trouve confirmé par ce fait qu'aux yeux de la justice c'est assez pour être coupable d'avoir eu seulement le mauvais vouloir, alors même que ce mauvais vouloir n'aurait pu être suivi d'effet...

Personne , aussi bien , ne songera à contester que tout homme sait qu'il vit, personne non plus que tout homme sait qu'il veut vivre. Mais si c'est là une vérité consentie par le genre humain, notre volonté nous est aussi connue que notre vie '. »

Serait-ce donc qu'il faudrait admettre en nous deux volontés, une volonté bonne et une volonté mauvaise? Nullement. Car on renouvellerait de la sorte les coupables erreurs des Manichéens.

ce Puissent s'évanouir de votre face , Seigneur , comme de vains parleurs et des séducteurs de Tame, ceux qui, remarquant en nous deux volontés dans la déhbération, ont cru qu'il y avait en nous deux na-

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