‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 279 sur 318 · De Libero Arbiirio, lib. 111, caj). xvili, xix. xxv · texte numérisé non relu

De Libero Arbiirio, lib. 111, caj). xvili, xix. xxv

l)i: LA LIDERTÉ ET UU 3IAL. 425

violemment sollicitée par les passions, qu'il est impossible qu'elle ne pèche point.

Cette objection aurait quelque force s'il ne se rencontrait pas des hommes qui triomphent de l'erreur et de la passion ^ Sans doute, la liberté n'est libre qu'autant qu'elle a été délivrée par la grâce 5 et alors seulement elle est justement dite volonté ^. « Mais la volonté n'est pas un mouvement de l'âme qui fasse que, négligeant les biens supérieurs, elle choisisse nécessairement les biens inférieurs. Un tel mouvement qui tend en bas, est le mouvement naturel à la pierre ; le mouvement de l'âme, au contraire, est volontaire ^. Dieu, d'ailleurs, n'est-il point partout présent, qui en mille manières et au moyen des créatures qui le servent, rappelle ceux qui s'éloignent de lui, instruit ceux qui croient, console ceux qui espèrent, exhorte ceux qui aiment, secourt ceux qui s'efforcent, exauce ceux qui prient. On ne vous fait pas un crime de ce que vous ignorez malgré vous, mais de ce que vous négligez de chercher ce que vous ignorez; on ne vous reproche point de ne pas vous servir de vos membres blessés, mais de mépriser celui qui les veut guérir. Ce sont là proprement les péchés de l'homme ^ »

Il en est d'autres, « qui ont coutume d'excuser leurs fautes, en se plaignant d'y avoir été poussés par le

Page 1