‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 281 sur 318 · De Coiiiiitcitlid, Vih. uiuis, cap. v · texte numérisé non relu

De Coiiiiitcitlid, Vih. uiuis, cap. v

garantir absolument? Si cela est, il n'y a point de péché. Comment pécher effectivement en des choses, où on n'a aucunement pu se précautionner? Or, on pèche ; on peut donc se précautionner ^ »

Le péché, d'autre part, appelle le péché. Et en effet, « c'est une très-juste peine du péché, qu'on perde ce dont on n'a pas voulu bien user, alors que, si on le voulait, on le pouvait sans difficulté. C'est-à-dire qu'il est juste, que celui qui n'a pas bien agi alors qu'il savait ce que c'est que bien agir, cesse de le savoir; et que celui qui n'a pas voulu bien agir, lorsqu'il le pouvait, perde la faculté de le pouvoir lorsqu'il le voudra. Ce sont en réalité deux peines de toute âme pécheresse, que l'ignorance et la difficulté -. »

L'objection néanmoins recule, plutôt encore qu'elle n'est résolue. Car si la hberté est la cause immédiate, directe du péché, n'est-ce pas Dieu, après tout, qui a donné à l'homme cette liberté par où il pèche?

Cet argument spécieux n'a pas laissé, à un certain moment, d'embarrasser saint Augustin lui-même.

« J'essayais de comprendre, comme on me le disait, que le mal que nous faisons a sa cause dans notre libre arbitre, et celui que nous souffrons, dans votre justice, ô mon Dieu; mais je ne le voyais pasencore clairement. Car, d'un côté, je relevais, il est vrai, mes yeux vers votre lumière, sachant que j'étais aussi certain d'avoir une volonté, que je l'étais de vivre. Mais, d'un autre côté, je me disais : qu'est-ce qui m'a fait? N'est-ce pas mon Dieu ?

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