De Genesi ad Lilteram, lib. VII, cap. xxvi
Mais tel est ravcuglement de certains hommes, « qu'ils disent en quelque manière au Créateur : Tu nous a faits hommes; mais c'est nous-mêmes qui nous sommes faits justes. Ils déclarent la nature humaine libre, afin de ne point chercher de Libérateur; ils la proclament sauvée, afin de rendre le Sauveur superflu. Ils ont de notre nature et de sa puissance une si haute idée, qu'ils prétendent qu'avec les forces qu'elle a une fois reçues à l'origine de sa création, elle peut, par son libre arbitre et sans aucun secours ultérieur de la grâce de celui qui l'a créée, dompter et étouffer toutes ses passions, surmonter toutes ses tentations '. »
Insensés qui ne voient pas que loin que le hbre arbitre soit étouffé par la grâce , il n'y a pas sans la grâce de hbre arbitre qui puisse produire la vertu !
Esprits prévenus qui ne comprennent point « que Dieu couronne ses dons en couronnant le mérite de ses serviteurs ! » « Si ergo Dei dona sunt hona inerita tua , non Deiis coronat mérita tua tanquam mérita tua, secl tariqiiam dona sua ^. »
1 . Ep/s/o/flCLXXVII, Innocentio (41G). Cf. Epislolu CI.XXIX, Joaiini episcopo Jerosolymitano {ilG).