llpist, cil, Dcogratias (409); Quœstio secundo
cet homme fût-il un Fabricius, tVit-il un Fabius, fùt-il un Scipion, fût-il un Régulus, fût-il un de ces héros, avec les noms desquels on cherche à nous effrayer, comme si nous parlions dans l'antique curie romaine ? Vainement on se prend à invoquer Pythagore, Platon et leurs doctes disciples, qui surpassent si fort les autres philosophes par l'excellence de leurs enseignements, ces hommes qui déclaraient qu'il n'y a de vertus véritables que celles qui sont en quelque manière imprimées dans l'âme par la forme de cette éternelle et immuable substance qui est Dieu. Ici encore, avec la Hberté de la piété il faut s'écrier : Non, même dans ces illustres païens, il n'y a pas de vraie justice. Le juste vit de foi... Comment ceux-là sont-ils vraiment justes, pour qui est
vile l'humilité de la vraie justice? Comment peut-il
y avoir une vraie justice, chez ceux qui ne possèdent pas
une vraie sagesse? Or, si les impies n'ont pas la
vraie justice, certainement ils n'ont pas non plus, dans leur vérité, les autres vertus qui suivent et accompagnent la justice, en supposant que ces vertus se manifestent en eux. Car lorsque les dons de Dieu ne sont point reportés à leur auteur, par cela même les méchants qui en usent deviennent injustes. Ainsi donc, ni la continence, ni la chasteté des impies n'est une vertu véritable ^ »
Infaillible et inviolable règle de la moralité ! Ce n'est pas l'acte accompli, mais l'intention d'après laquelle nous l'avons accompli, qui constitue la moralité de notre, action : Non offlcium^ sed finis. « Pour que nos actions
t. Conlrn Julianiim Pelngianum, lib. ÎV, cap, m,
soient digne? d'éloge, il faut que la fin à laquelle elles se rapportent, c'est-cà-dire Tintention dans laquelle nous agissons, soit non-seulement innocente ,- mais louable ', »
Négligez ce principe salutaire et vous courez aux plus étranges conséquences.
« On devra dire que les avares ont des vertus véritables, parce qu'ils sont prudents à imaginer les moyens d'amasser des richesses. . . Catilina n'aura été rien moins que vraiment juste, en étendant son amitié à un grand nombre de scélérats, en les couvrant de sa protection, en partageant avec eux tout ce qu'il avait. . . Qu'on le comprenne donc, ce n'est point par l'action, mais par l'intention que les vertus doivent être distinguées des vices. L'action est ce qu'il faut faire; Tintention est la fin pour laquelle on agit. C'est pourquoi, lorsqu'un homme fait quelque action où il semble ne pas pécher, s'il ne la fait pas pour remplir son devoir, il pèche néanmoins.... Isoler la vertu de l'intention, c'est à l'exemple d'Epicure, ne plus voir dans les vertus que les servantes de la volupté , ne plus leur assigner d'autre fin que la recherche ou la jouissance du plaisir... Ainsi, les vertus qui ont pour objet les délectations charnelles, ou des avantages et des émoluments purement temporels , ne peuvent absolument pas être de vraies vertus. Et quant aux vertus qui ne se proposent aucun objet, elles ne sont pas non plus de vraies vertus. Les vraies vertus, chez les hommes, ont pour objet Dieu, par qui elles sont données aux hommes.... En un mot, tout ce qui est fait de bien par