‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 306 sur 318 · De Moribwi Man'icliseorum, lib. Ilcap. Mil · texte numérisé non relu

De Moribwi Man'icliseorum, lib. Ilcap. Mil

DE LA LIBERTÉ El DE LA GRACE. 471

riiomme, et qui n'est point fait pour atteindre le but même qu'assigne la vraie sagesse, tout cela, quoique bon en apparence par l'action, est néanmoins péché par manque de droiture d'intention ^ »

En conséquence, a les païens qui n'ont pas eu la foi du Christ, ne sont pas justes et ne plaisent pas à Dieu, à qui il est impossible de plaire sans la foi. Cependant au jour du jugement leurs pensées les défendront, et ils seront punis moins rigoureusement, parce qu'ils auront pratiqué en quelque manière la loi naturelle qu'ils portaient gravée dans leur cœur, et qui s'opposait à ce qu'ils fissent à autrui ce qu'eux-mêmes ils n'auraient pas voulu souffrir; coupables pourtant, en ce que, destitués de foi, ils n'ont pas rapporté leurs actions à la fin légitime. Fabricius en effet sera moins puni que Catilina, non pas que celui-là ait été bon , mais parce que celui-ci a été pire ; et si Fabricius a été moins impie que CatiUna, ce n'est pas qu'il ait eu de vraies vertus , mais c'est qu'il s'est moins éloigné des vertus véritables ^. »

C'est en vain que l'on a recours à de froides plaisanteries.

« Si on dit, remarque- t-on, que la chasteté n'est pas, parce qu'elle est la chasteté des infidèles, il faut dire avec le même front que le corps des païens n'est pas un corps, et que les yeux des païens n'ont pas la puissance de voir, et que les blés qui naissent dans les champs des païens ne sont pas des blés^ »

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